Poisson des chenaux et poulamon : l'âme hivernale de la pêche au Québec
- Steph Monette

- 28 déc. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Poisson des chenaux et poulamon :
l’âme hivernale de la pêche au Québec
Quand l’hiver s’installe sur le fleuve Saint-Laurent, ce n’est pas la fin de la pêche. Pour des générations de Québécois, c’est le début d’une tradition. Une tradition forgée sur la glace, dans les chenaux, autour d’un petit poisson devenu légendaire : le poulamon.6


Les chenaux : un territoire à part

Les chenaux du Saint-Laurent, ces bras d’eau qui serpentent entre les îles et les rives, ont toujours été des zones riches en vie aquatique. Courants modérés, profondeurs variables, fonds vaseux et herbiers créent un habitat parfait pour plusieurs espèces.
C’est dans ces chenaux que la pêche hivernale a pris racine. Non pas comme un loisir à l’origine, mais comme une réponse directe aux réalités du climat québécois.
Avant le loisir, la survie
Bien avant que la pêche ne devienne une activité récréative, les Premières Nations connaissaient déjà les cycles du fleuve. Elles pêchaient dans les chenaux à l’aide de nasses, de filets et de lances, profitant de passages naturels où le poisson se concentrait.

Avec l’arrivée des colons français, cette connaissance du territoire devient vitale. Le poisson complète l’alimentation, surtout en hiver, lorsque la chasse est plus difficile. Le fleuve nourrit littéralement les communautés.
Le poulamon : le poisson qui a bâti l’hiver
Parmi toutes les espèces du fleuve, une se démarque : le poulamon atlantique. Petit, abondant, prévisible, il remonte le fleuve en plein hiver pour frayer en eau douce.
C’est lui qui a démocratisé la pêche sur glace. Facile à capturer, présent en grand nombre, il permettait de nourrir familles et villages entiers. On disait autrefois que le poulamon sauvait l’hiver.
Naissance d’une tradition unique

Au fil des décennies, la pêche au poulamon s’organise. Des trous percés à la hache, on passe aux tarières. Des abris de fortune, on arrive aux cabanes chauffées. Peu à peu, de véritables villages de pêche émergent.
C’est à Sainte-Anne-de-la-Pérade que cette tradition atteint son apogée. Chaque hiver, des milliers de pêcheurs s’y rassemblent. La pêche devient sociale, familiale, festive. On vient autant pour l’expérience que pour le poisson.
Au-delà du poulamon
Si le poulamon est la vedette, les chenaux abritent aussi :
la perchaude, symbole fort de la pêche hivernale
le doré
le brochet
le grand corégone

Ces espèces ont façonné les habitudes, les techniques et même les recettes d’hiver transmises de génération en génération.
Pression, déclin et prise de conscience
À partir des années 1970, la popularité grandissante de la pêche hivernale entraîne une pression accrue sur certaines populations, notamment la perchaude. Pollution, modifications du fleuve et surpêche forcent un changement de mentalité.
La gestion moderne s’impose : quotas, tailles minimales, périodes contrôlées. Le pêcheur devient aussi gardien de la ressource.
Aujourd’hui : un patrimoine vivant
Aujourd’hui, la pêche aux chenaux et au poulamon n’est plus une question de survie. C’est un héritage culturel.
Un moment pour ralentir.
Un prétexte pour se retrouver.
Un lien direct avec le fleuve et l’hiver.
Dans un monde qui va vite, s’asseoir dans une cabane sur la glace, ligne à l’eau, café chaud à la main, c’est renouer avec quelque chose de fondamental.

Conclusion
La pêche au poisson des chenaux et au poulamon, ce n’est pas seulement attraper du poisson.
C’est raconter l’histoire du Québec autrement :
par le froid, le fleuve, la glace et la résilience.
Un patrimoine vivant, fragile, mais toujours bien ancré.




Malade la tradition de la pêche 🎣
c est une belle expérience a vivre .
Sa l'air une super activité 🤩
Je me rappelle d’avoir été là dans les années 66 à 70 avec mon père et mes oncles.