L’ouïe des orignaux et des chevreuils : l’arme invisible que les chasseurs sous-estiment
- Steph Monette

- 14 déc. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 janv.
Chaque chasseur connaît cette sensation frustrante.


Tout semble parfait. Le vent est bon. Le camouflage est impeccable. Le mouvement est minimal.
Et tout d'un coup, un petit bruit sort de nul part de votre équipement … l'orignal, regarde dans votre direction, puis disparaît sans jamais vous avoir vu.
Dans bien des cas, ce n’est pas votre silhouette qui vous a trahi, mais le son.
Le cerf de Virginie et l'orignal possèdent l’un des systèmes auditifs les plus performants du règne animal terrestre. Une ouïe conçue non pas pour entendre “fort”, mais pour entendre juste, vite et utile à la survie.
Une gamme de fréquences supérieure à celle de l’humain

L’oreille humaine capte approximativement les sons entre 20 et 20 000 hertz.
L'orignal et le chevreuil lui perçoit une plage encore plus large, incluant des fréquences très aiguës, parfois proches de l’ultrasonique.
Concrètement, cela signifie qu’il entend :
des clics métalliques imperceptibles pour nous
le frottement sec d’un tissu synthétique
un micro-bruit d’équipement
un léger contact entre deux pièces rigides
Autrement dit, ce que le chasseur juge « silencieux » ne l’est pas nécessairement pour le gibier. Une localisation sonore chirurgicale
La taille des oreilles du cerf n’est pas un hasard esthétique.

Chaque oreille peut pivoter indépendamment, jusqu’à près de 180 degrés, fonctionnant comme une antenne directionnelle.
Résultat :
Les cervidés peuvent localiser la provenance exacte d’un son sans bouger la tête ni le corps, réduisant ainsi les risques de se trahir visuellement.
Un seul bruit suspect, et le système est enclenché. Un cerveau programmé pour le danger, Là où l’humain analyse un son, le cerf le classe immédiatement.

Son cerveau est câblé pour filtrer :
les sons naturels et constants (vent, pluie, branches qui frottent)
des sons non naturels, rapides, secs ou irréguliers
Ces derniers déclenchent une réponse quasi instantanée.
Pas d’hésitation. Pas de raisonnement.
Soit l’alerte, soit la fuite.
Les sons qui alertent le plus un cerf
Les recherches et observations terrain convergent sur un point : ce sont les sons aigus et non naturels qui déclenchent le plus de réactions. Parmi les pires ennemis du chasseur :
. métal contre métal
. craquement sec d’un mirador
. branche qui casse net
. frottement rapide de vêtements
. bruits courts, saccadés, irréguliers
gestes précipités
Même très faibles, ces sons sont interprétés comme une anomalie.. Ce que le cerf entend moins bien à l’inverse, le cerf tolère relativement bien :
. le bruit grave et constant du vent
. les sons lents et continus
. les ambiances naturelles répétitives
Un point interressant? Son ouïe n’est pas conçue pour analyser la météo.
Elle est conçue pour détecter un prédateur.
Distance ou nature du son?
Contrairement à une croyance populaire, la distance est souvent secondaire.
Un murmure humain, même très doux, reste un son aigu, rythmé et non naturel dans un environnement forestier. Pour un cerf, ce n’est pas « discret ». C’est suspect.

Implications directes pour le chasseur!
Comprendre l’ouïe du cerf change radicalement l’approche terrain.
Les règles d’or :
. Bouger lentement, sans gestes brusques
. Éliminer tout contact métal sur métal
. Prioriser des tissus silencieux
. Tester son équipement avant la saison
. Profiter du vent pour masquer les sons
. Être encore plus immobile lors des périodes de calme total.
En conclusion
Le chevreuil comme l'orignal ne voit pas toujours mieux que nous.
Mais il entend avec une intention constante de survie et bien souvent, ils nous détectent pas parce que nous avons mal chassé…
mais parce que nous avons fait un son que nous pensions invisible.




Je ne comprends pas pourquoi certains sont capable de murmurer en faisant des vidéos et tuer quand même. Est-ce que ces chevreuil là sont sourd?
merci
merci très intéressant.
comme d habitude article qui nous aide a comprendre comment ils fonctionne les cervide bravo
une chose est sur faire semblant de manger des feuilles nous permet de les approcher de plus près tu point de vue des orignaux