Moins d’orignaux, plus d’excuses : le mur s’en vient
- Steph Monette

- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Pendant longtemps, l’orignal a semblé intouchable.

Des territoires riches. Des observations régulières. Des saisons où les permis se remplissaient avec une certaine confiance. Dans plusieurs régions, on a fini par croire que l’orignal serait toujours là, peu importe les décisions prises.
Ce n’était qu’une illusion.

Aujourd’hui, dans de nombreux secteurs, l’orignal se fait plus discret. Pas nécessairement un effondrement brutal partout, mais une érosion lente et constante. Moins de traces fraîches. Moins de vaches avec veaux. Des secteurs historiquement productifs qui deviennent silencieux. Et ce déclin n’a jamais eu une seule cause.
L’habitat est au cœur du problème. L’orignal dépend d’un équilibre fragile entre jeunes forêts nourricières et couverts matures pour se protéger. Quand les coupes deviennent trop rares, trop propres ou mal réparties, la nourriture disparaît. Quand les forêts vieillissent sans renouvellement, l’orignal perd sa base alimentaire.

Sans nourriture de qualité, il n’y a ni reproduction forte, ni résilience.
La pression humaine est aussi bien réelle.

Réseau routier forestier dense, accès facilité, circulation constante, chasse plus efficace. Même sans récolte, cette pression fragmente l’utilisation du territoire, augmente le stress et modifie les déplacements. L’orignal se replie, se déplace davantage de nuit, et devient moins visible bien avant que les statistiques ne confirment une baisse.

La prédation pèse lourd, surtout sur les veaux. Ours noirs et loups, favorisés par certains changements de paysage, font chuter le taux de survie des jeunes. Quand peu de veaux atteignent l’âge adulte année après année, la population vieillit, s’affaiblit, puis décline.
Les choix de gestion et de prélèvement comptent aussi. Récoltes de femelles mal adaptées au contexte local, pression cumulative dans certains secteurs, pertes non récupérées. Ces décisions ne font pas toujours la une, mais elles ont un effet direct sur le potentiel reproducteur et la stabilité du troupeau.

À tout ça s’ajoutent les changements climatiques. Étés plus chauds, parasites favorisés par la chaleur, hivers instables. L’orignal, animal du froid, encaisse de plus en plus de stress physiologique. Quand la météo, la prédation, la pression et l’habitat travaillent tous dans le même sens, la marge d’erreur disparaît.
Ce n’est pas un cri d’alarme inutile. L’orignal est encore bien présent dans certaines régions. Mais nier les signaux faibles, c’est répéter les erreurs du passé. Les chasseurs de terrain voient la différence avant les graphiques.
Le message est clair : l’orignal n’est pas une ressource automatique. Sa présence dépend directement de la qualité des décisions prises aujourd’hui en aménagement forestier, en gestion de la faune et dans nos pratiques de chasse.

L’orignal a été sauvé autrefois par une gestion réfléchie.
Il ne restera abondant que si cette réflexion revient au premier plan.




Intéressant merci !!
Bonne reflextion a ce faire .... mais en meme temps j ai de la misere a rester positif.... Regarder le controle des armes, les quebecois vont bientot disparaitre petit a petit un peu comme les grandes nations que ce sois les romains, egyptien ect...ils ont tous disparue ou ete remplace... la terre va finir par faire le menage par elle meme ....sachons apprecier ce que l ont a intelligament pour en laissse un peu a nos enfants .... mais je crois qu ils n auront jamais eu la chance que nous avon eu dans les annees passe avec l abondance que nous avons abuse....
On pourrait pas dans certaine zone qui un taux de récolte bas exemple (la zone 16 où je chasse) mettre une année sur trois mâle femelle au lieu de une année sur 2 , enlever le droit de tirer un veau et pour finir de mettre 3 permis ou 4 permis pour récolter.
Excellent commentaire, le problème est surtout le braconnage et la prédation. Il faudrait revoir les règles pour diminuer la prédation et d’ajouter des agents de conservation de la faune pour nos braconniers 🤞
Oui zone 2 ouest forte diminution cette année,en plus on avait le droit a tout !