LE VÉLO ÉLECTRIQUE A CHANGÉ MA FAÇON DE CHASSER
- Steph Monette

- il y a 9 minutes
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LE VÉLO ÉLECTRIQUE UNE NOUVELLE FAÇON DE CHASSER

Silence, liberté et cette impression de redécouvrir mon territoire
Il est encore noir.
Le camp est silencieux, le café vient à peine d’être terminé et, dehors, l’air froid du matin me rappelle immédiatement pourquoi j’aime autant cette période de l’année.

Devant moi, il y a plusieurs kilomètres de chemin forestier avant d’atteindre le secteur que je veux chasser.
Il y a quelques années, j’aurais mis mon sac sur mon dos et je serais parti à pied.
Aujourd’hui, je monte sur mon vélo électrique.
Et je dois l’avouer : ce petit changement a complètement transformé ma façon de vivre mes journées de chasse.

JE NE CHERCHE PLUS À PROUVER QUE JE PEUX MARCHER 10 KILOMÈTRES
Avec les années et un âge disons un peu plus vénérable! ma façon de voir la chasse a changé.
La passion, elle, n’a pas diminué.
Je veux encore aller loin.
Je veux encore prospecter.
Je veux encore faire des salines, installer mes caméras, transporter mon équipement, explorer un nouveau chemin et aller voir ce qu’il y a derrière la prochaine montagne.
Mais j’ai compris quelque chose.
Mon énergie est précieuse.
Si je peux éviter de la dépenser inutilement simplement pour me rendre jusqu’à mon secteur de chasse, pourquoi ne pas la conserver pour le moment où j’en aurai réellement besoin?
C’est exactement là que le vélo électrique est entré dans ma chasse.
5 KILOMÈTRES AVANT MÊME DE COMMENCER À CHASSER

Imaginez la scène.
Vous quittez le camp avant le lever du soleil.
Vous avez vos bottes, vos vêtements de chasse, votre sac à dos, de l’eau, de la nourriture et votre équipement.
Votre secteur est à quatre ou cinq kilomètres.
À pied, cette distance commence déjà à faire partie de votre journée.

Vous marchez.
Vous avez chaud.
Vous ouvrez votre manteau.
Votre sac commence à peser.
Et lorsque vous arrivez finalement à destination, votre chasse n’a même pas encore commencé… mais votre corps, lui, travaille depuis un bon moment.
Avec mon vélo électrique, cette même approche devient complètement différente.
Je roule tranquillement. Le moteur m’assiste.
Une partie de mon équipement est transportée directement sur le vélo et lorsque j’arrive près de mon secteur, je ne suis pas détrempé de sueur ni complètement essoufflé.
Je débarque du vélo et je suis prêt à chasser.
Sur une journée, c'est agréable.
Après cinq, six ou sept journées consécutives de chasse, ça devient remarquable.
ET PUIS, IL Y A LE SILENCE

C'est probablement ce qui m'a le plus surpris.
À la chasse, on parle constamment du vent.
Des odeurs.
De notre position.
De l'approche.
Mais le bruit que nous produisons pour nous rendre à destination est lui aussi important.
Avec un vélo électrique, il n'y a pas de moteur à essence qui résonne dans toute la montagne.
On entend surtout les pneus travailler sur le chemin. Le gravier, quelques feuilles.
Une branche qui casse occasionnellement et tranquillement, on avance.
Mais attention.
Un vélo électrique ne rend pas un chasseur invisible.
À mesure que j'approche de mon secteur, ma façon de rouler change.
Je ralentis.
Je regarde le vent.
J'évite de faire claquer mon équipement.
Et parfois, je décide simplement :
« C'est assez. À partir d'ici, je continue à pied. »
Je cache le vélo et je termine les dernières centaines de mètres comme je l'aurais toujours fait.

C'est là que j'ai compris que le vélo électrique ne remplaçait absolument pas mes techniques de chasse.
Il venait simplement de s'ajouter à celles-ci.
MON TERRITOIRE EST SOUDAINEMENT DEVENU PLUS PETIT
Ça aussi, c'est particulier.
Un chemin qui me paraissait autrefois très long est maintenant facilement accessible.
Une caméra située à plusieurs kilomètres?
Je vais la vérifier.
Un secteur que je veux prospecter avant la noirceur?
Je peux aller voir.
J'ai oublié quelque chose au camp?
Ce n'est plus nécessairement une catastrophe.
Et surtout, je peux explorer davantage.
C'est probablement ce que j'aime le plus.
Le vélo électrique m'a redonné une certaine liberté sur le territoire.
Je regarde moins la distance.
Je regarde davantage les possibilités.

POURQUOI UN FAT BIKE?
Je ne cherche pas un vélo pour battre des records de vitesse.
Je cherche un vélo capable de vivre dans le même environnement que moi.
Gravier.
Roches.
Racines.
Boue.
Chemins forestiers maganés.
Petits sentiers.
C'est pourquoi je privilégie personnellement un vélo électrique de type fat bike.
Les gros pneus apportent stabilité, traction et confort, particulièrement lorsque le terrain devient moins beau.
J'aime également avoir un porte-bagages solide.
Parce qu'un sac à dos qui pèse lourd après quelques kilomètres… pèse beaucoup moins lourd lorsqu'il est attaché sur le vélo!
Vêtements supplémentaires, nourriture, équipement de chasse, matériel pour mes caméras : je peux transférer une bonne partie de la charge directement sur le vélo.

Encore une fois, je conserve mon énergie.
PUISSANCE, AUTONOMIE… ET RÉGLEMENTATION
Pour mes besoins, je ne recherche pas nécessairement le moteur le plus puissant disponible.
Je préfère une machine équilibrée, confortable et offrant une bonne autonomie.
Je privilégie également une combinaison permettant l'assistance au pédalage et, lorsque permis, une commande d'accélérateur au guidon.
Dans certaines situations — repartir dans une pente, franchir un passage difficile ou simplement déplacer le vélo sans avoir immédiatement une bonne position pour pédaler cette commande peut être extrêmement pratique.
Mais il faut comprendre quelque chose d'important.
Ce n'est pas parce qu'un véhicule ressemble à un vélo qu'il est automatiquement considéré comme un vélo partout.
La puissance du moteur, la présence d'un accélérateur et certaines caractéristiques techniques peuvent influencer son statut.

Et les règles d'accès peuvent changer selon l'endroit où vous chassez.
Province, territoire public, ZEC, réserve faunique, pourvoirie, sentier particulier : informez-vous avant de partir.
Personnellement, je préfère demeurer sous les 1 000 watts, mais la puissance seule ne détermine pas nécessairement la légalité ou l'accès à un territoire et aujourd'hui nous pouvions ajuster la force du vélo avec un simple ajustement.
MAIS LE PLUS IMPORTANT N'EST PAS ÉCRIT SUR LA FICHE TECHNIQUE

Il y a quelque chose qu'aucun fabricant ne peut réellement inscrire dans les spécifications d'un vélo.
Le plaisir.
Et pour moi, c'est probablement la meilleure partie.
Imaginez.
Il est 5 h du matin.
Vous roulez tranquillement sur un vieux chemin forestier. Votre lumière éclaire quelques mètres devant vous.
L'air est froid.
Une légère brume flotte entre les arbres.
Il n'y a personne.
Seulement vous, votre équipement et cette forêt qui commence tranquillement à se réveiller. Puis le ciel devient légèrement bleu.

Ensuite orange.
Et vous réalisez que vous venez de parcourir plusieurs kilomètres presque sans vous en rendre compte. À ce moment-là, je ne pense plus à l'autonomie de la batterie.
Je ne pense plus aux watts.
Je ne pense même plus vraiment au vélo.
Je profite simplement du territoire.
JE CHASSE TOUJOURS DE LA MÊME FAÇON… MAIS JE LA VIS DIFFÉREMMENT

Le vélo électrique ne m'a pas rendu meilleur chasseur. Il n'a pas remplacé ma connaissance.
Il ne trouve pas les orignaux pour moi.
Il ne me dit pas où installer mon mirador et il ne remplacera jamais l'expérience acquise après toutes ces années passées en forêt mais il m'aide à consacrer mon énergie là où elle compte réellement.
À chasser.
Et avec l'âge, j'ai compris qu'être efficace ne signifie pas nécessairement travailler plus fort.
Parfois, ça signifie simplement utiliser les bons outils. Aujourd'hui, quand je regarde un vieux chemin forestier disparaître au loin entre les arbres, ma première pensée n'est plus :
« Ouf… ça fait combien de kilomètres ça? »
C'est plutôt :
« Je me demande jusqu'où ce chemin-là peut m'amener… »
Je monte sur mon vélo et je commence à pédaler et quelques secondes plus tard, je disparais tranquillement dans la forêt.
Parce qu'au fond, c'est peut-être ça que le vélo électrique a réellement changé dans ma chasse. Il ne m'a pas seulement permis d'aller plus loin.
Il m'a redonné le goût d'aller voir ce qu'il y avait plus loin.




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