NOUVELLE ÉDITORIAL - 🪿 OIES BLANCHES : LE DÉCLIN D'UN GÉANT MIGRATEUR… EST-CE QU'ON ATTEND QU'IL SOIT TROP TARD?
ÉDITORIAL | Stéphane Monette — ON JASE
Pendant des décennies, les grandes migrations d'oies blanches ont été l'un des spectacles naturels les plus impressionnants du Québec.

Des centaines de milliers d'oiseaux envahissaient le ciel, les battures du Saint-Laurent et les champs agricoles. Un spectacle qui faisait vibrer les chasseurs, les ornithologues et les communautés riveraines.
Mais aujourd'hui, les chiffres devraient nous faire réfléchir sérieusement!
À la fin des années 1990, la population de Grandes Oies des neiges avait atteint environ un million d'individus.
En 2025, l'estimation printanière était tombée à 428 000 oiseaux.
En 2026, elle remonte à environ 515 000.
Oui, c'est une amélioration. Mais nous parlons toujours d'une population considérablement inférieure aux sommets historiques!

COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ?
Pendant des années, on nous parlait de surpopulation, de dommages agricoles et de dégradation des habitats arctiques.
On a instauré des mesures exceptionnelles de chasse pour contrôler la croissance du troupeau.
À l'époque, cette intervention répondait à une véritable préoccupation de gestion faunique.
Mais aujourd'hui, le portrait a changé. Et une question s'impose : notre gestion a-t-elle évolué aussi rapidement que la population?
Je ne prétends pas que la chasse explique à elle seule ce déclin. Ce serait scientifiquement irresponsable.
La reproduction dans l'Arctique, la survie des jeunes, les maladies, les changements environnementaux et les prélèvements de chasse doivent tous être examinés.
Mais je refuse également qu'on écarte la question de la pression de chasse simplement parce qu'elle dérange.

LA CONSERVATION, CE N'EST PAS SEULEMENT CONTRÔLER UNE SURPOPULATION!
C'est aussi savoir reconnaître quand une population montre des signes de fragilité.
Une gestion faunique responsable doit pouvoir changer de direction lorsque les données le justifient.
Les chasseurs ont accepté des mesures destinées à réduire une population jugée trop abondante.
Ils sont parfaitement capables de comprendre des ajustements destinés à assurer sa pérennité.
Encore faut-il leur présenter les données, les objectifs et les raisons derrière les décisions!
L515 000 OIES EN 2026 : UNE BONNE NOUVELLE… MAIS PAS UNE GARANTIE!

Une seule année de croissance ne signifie pas que le problème est réglé.
La population se retrouve près de la limite inférieure de l'objectif de gestion.
Ce que je veux voir maintenant, ce sont des analyses transparentes sur le succès reproducteur, la mortalité, les récoltes et les tendances à long terme.
Pas des conclusions basées uniquement sur le nombre d'oies observées dans un champ ou sur les battures à l'automne.

MON MESSAGE EST SIMPLE
On ne peut pas gérer éternellement une population comme si elle était encore en surabondance, sans vérifier si cette réalité existe toujours.
La chasse fait partie des outils de gestion et de conservation. Mais un outil efficace doit être ajusté à la situation.
Comme chasseur, entrepreneur et passionné de faune, je veux que les générations qui nous suivent puissent encore lever les yeux vers le ciel et voir ces immenses formations blanches traverser le Québec.
La question n'est pas de choisir entre les chasseurs et les oies.
La question, c'est de savoir si nous avons le courage d'adapter notre gestion avant d'être obligés de le faire dans l'urgence.

Et vous, chasseurs d'oies blanches, avez-vous remarqué une diminution des troupeaux sur vos territoires depuis les dix dernières années? Ou est-ce plutôt leur répartition et leurs habitudes migratoires qui ont changé?
Je veux connaître vos observations sur le terrain.
Stéphane Monette
ON JASE | La chasse, la faune et les vraies questions.





Commentaires