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LE RUT DE L’ORIGNAL : CE QUE LA SCIENCE RÉVÈLE AUX CHASSEURS

24 sept.
4 min de lecture

LE RUT DE L’ORIGNAL : CE QUE LA SCIENCE RÉVÈLE AUX CHASSEURS



Chaque automne, les mêmes phrases reviennent dans les camps de chasse :


« Il fait trop chaud, le rut n’est pas commencé. »


« Plus on monte au nord, plus le rut commence tôt. »


Mais est-ce vraiment ce que démontre la science?


Des études québécoises sur l’orignal apportent une réponse fascinante : le rut semble beaucoup plus synchronisé à travers le territoire qu’on pourrait le croire.


UN RENDEZ-VOUS BIOLOGIQUE BIEN

PROGRAMMÉ


Les chercheurs Serge Sigouin, Jean-Pierre Ouellet et Réhaume Courtois ont étudié le déroulement du rut dans différentes populations d’orignaux, notamment dans 12 réserves fauniques du Québec.


En analysant différents indicateurs comme les vocalisations, les observations et le succès de chasse, ils ont constaté que la forte activité associée au rut se concentrait généralement entre le 20 et le 30 septembre.


Une autre analyse portant sur différentes populations a montré que la majorité des fécondations étudiées se produisaient entre le 23 septembre et le 8 octobre.


Autrement dit, malgré l’immensité du territoire, l’orignal possède une horloge reproductive remarquablement synchronisée.


PLUS AU NORD = PLUS TÔT? PAS SI SIMPLE!



On pourrait penser qu’en montant vers le nord, le rut commence automatiquement plusieurs jours plus tôt.


Pourtant, les recherches n’ont pas permis d’établir une règle du genre :


100 km plus au nord = deux jours d’avance.


La latitude, la température, les précipitations et la durée de la saison de croissance ne permettent pas, à elles seules, de prédire précisément le début de l’accouplement.


La longitude apporte toutefois une piste intéressante. Dans les travaux québécois, les vocalisations spontanées présentaient une relation avec la longitude, suggérant que certaines manifestations du rut pourraient apparaître quelques jours plus tard dans l’est du Québec.


On parle cependant d’une tendance, pas d’un calendrier applicable à chaque territoire.


LE FROID NE PART PAS LE RUT




L’un des grands mécanismes derrière la reproduction de l’orignal est la photopériode, soit la diminution saisonnière de la durée du jour.


Le raccourcissement des journées participe aux mécanismes hormonaux qui régissent la reproduction.


Une vague de froid peut certainement modifier les déplacements et rendre les orignaux beaucoup plus actifs ou visibles.


Mais cela ne signifie pas nécessairement que :


« Le froid vient de partir le rut. »


La météo influence surtout l’expression du comportement que le chasseur observe, tandis que l’horloge reproductive poursuit son évolution.


ACCOMPAGNEMENT NE VEUT PAS ENCORE DIRE ACCOUPLEMENT



Il faut distinguer plusieurs étapes :


pré-rut → recherche → accompagnement → œstrus → accouplement.


Lorsqu’un mâle commence à accompagner une femelle, celle-ci n’est donc pas nécessairement déjà prête à s’accoupler.


Les recherches québécoises ont justement mis en évidence une période de recherche active du partenaire précédant l’accouplement de quelques jours.


Pour le chasseur, cette période est extrêmement intéressante : les mâles recherchent les femelles et peuvent devenir attentifs à la présence d’autres orignaux.


CONSEILS PRATIQUES : COMMENT TRADUIRE LA SCIENCE SUR LE TERRAIN?



TROUVEZ LES FEMELLES


À mesure que le rut avance, les femelles deviennent une pièce maîtresse du casse-tête.


Un secteur contenant nourriture, couvert de repos et plusieurs indices frais de femelles mérite votre attention.


Là où les femelles se concentrent, les mâles ont une raison de venir chercher.


LES SALINES PEUVENT DEVENIR DES POINTS STRATÉGIQUES



Voilà pourquoi une saline bien établie peut prendre une importance particulière.


Une saline utilisée régulièrement peut contribuer à concentrer les déplacements et la fréquentation des femelles dans un secteur connu. Elle ne déclenche évidemment pas le rut, mais elle peut devenir un point de référence intéressant pour identifier où certaines femelles circulent.


Et lorsque la période de recherche commence, les mâles qui cherchent ces femelles peuvent à leur tour fréquenter ou traverser ce secteur.


C’est là que votre opportunité de chasse pourrait apparaître.


La saline n’est donc pas seulement un endroit à surveiller : elle peut vous aider à comprendre où se trouvent les femelles et, éventuellement, où les mâles pourraient venir les chercher.


CHASSEZ LES SIGNES, PAS SEULEMENT LE CALENDRIER


Pistes fraîches, souilles, frottages, branches cassées, vocalisations et présence simultanée de plusieurs animaux peuvent raconter beaucoup plus que la température affichée sur votre téléphone.


Lorsque plusieurs indices récents se concentrent au même endroit, le territoire commence à parler.


UTILISEZ LE VENT AVANT LE CALL



Avant de répondre à un orignal ou de réduire la distance, analysez votre vent.


Un mâle peut répondre puis chercher à vous contourner pour identifier l’animal qu’il entend ou détecter son odeur.


Le meilleur call ne réparera jamais une mauvaise approche avec le vent.


SOYEZ PATIENT APRÈS UNE RÉPONSE


Un mâle qui répond ne va pas nécessairement arriver en courant.


Il peut avancer lentement, s’arrêter, écouter ou tenter de prendre le vent.


Une réponse signifie d’abord :


« Je sais maintenant qu’un orignal est là. »


Utilisez cette information avant de bouger.


LE MESSAGE À RETENIR


La science nous montre qu’il n’existe probablement pas une journée magique où tous les orignaux du Québec commencent soudainement leur rut.


Mais une fenêtre ressort clairement : la fin septembre et le début octobre constituent le cœur de cette période reproductive.


La météo peut changer ce que vous voyez. La géographie peut entraîner certaines variations. Mais l’horloge biologique demeure fortement saisonnière.


Pour le chasseur, la meilleure stratégie consiste donc à réunir les deux mondes :


La science vous donne la fenêtre.


 Les femelles vous indiquent où regarder.


 Les signes frais vous disent ce qui se passe maintenant.


Et lorsqu’un secteur concentre les femelles — notamment autour d’une saline régulièrement fréquentée — et que les mâles commencent à les rechercher…


votre fenêtre de chasse pourrait bien être en train de s’ouvrir.


2 commentaires


Encore tres bien expliqué cette article dans tout les détails du printemps a l automne ,toujours a apprendre et merci aux biologiste du sérieux de ses études et l évolution du cheptel .

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frank1967
frank1967
28 sept.

La photo période est pas mal le signe pour la Faune que la période d'accouplement est arrivée pour qu'au printemps la mise bas soit là pour qu'une fois l'été terminé les petits soit capable de passer l'hiver. Merci

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