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ÉDITORIAL – Les tiques d'hiver : est-il temps d'explorer toutes les solutions pour sauver les orignaux?


Les orignaux vivent actuellement l'une des plus importantes crises de leur histoire dans le nord-est de l'Amérique du Nord. Le principal responsable n'est ni le loup, ni l'ours, ni même le chasseur. Ce sont les tiques d'hiver.



Une étude publiée en 2021 dans le Journal of Wildlife Management et réalisée par des chercheurs du U.S. Geological Survey (USGS) a suivi 127 orignaux munis de colliers GPS au Vermont. Les résultats sont frappants : les tiques d'hiver étaient responsables de 91 % des décès des veaux et de 25 % des décès des adultes. Les chercheurs rapportent également que la population d'orignaux du Vermont a chuté de 45 % entre 2010 et 2017, malgré une faible pression de chasse.




Face à cette situation, plusieurs agences de la faune ont choisi une stratégie bien connue : réduire la densité d'orignaux grâce à la chasse afin de diminuer le nombre de tiques sur le territoire.

Cette approche est logique, mais il est important de préciser ce que dit réellement la science. Les chercheurs écrivent que les effets des tiques « pourraient être réduits » (may be achieved) en diminuant la densité d'orignaux. Ils ne concluent pas que cette méthode est démontrée comme étant la solution définitive.



Voilà pourquoi une autre question mérite d'être posée.

Pourquoi n'investissons-nous pas davantage dans les traitements antiparasitaires?

L'ivermectine est utilisée depuis des décennies en médecine vétérinaire contre plusieurs parasites. Des essais chez les bovins et chez le cerf démontrent que ce type de traitement peut réduire fortement les populations de tiques. Le Maine Department of Inland Fisheries and Wildlife reconnaît lui-même qu'en théorie, un traitement à l'ivermectine pourrait éliminer les tiques chez les orignaux. Le véritable défi est de réussir à administrer le traitement à une population sauvage entière, au bon moment, avec la bonne dose et sans impacts sur l'environnement.

Autrement dit, le problème semble davantage être logistique que biologique.

Pendant ce temps, les chercheurs explorent déjà d'autres avenues innovantes, notamment l'utilisation de champignons naturels pour contrôler les populations de tiques, preuve que la communauté scientifique cherche des solutions complémentaires à la simple réduction du nombre d'orignaux.


Personne ne prétend que l'ivermectine représente une solution miracle. Elle comporte des défis, des risques environnementaux et des questions qui doivent être étudiées sérieusement.

Mais si nous sommes prêts à diminuer les populations d'orignaux pour tenter de contrôler les tiques, ne devrions-nous pas investir autant d'énergie et de financement dans la recherche de traitements qui s'attaquent directement au parasite?

Les orignaux sont un symbole de nos forêts. Les sauver passera probablement par plusieurs outils : une gestion responsable des populations, l'amélioration de l'habitat, la poursuite de la recherche sur les tiques et l'évaluation scientifique de nouvelles approches, y compris les traitements antiparasitaires.



Une chose est certaine : la science continue d'évoluer. Gardons l'esprit ouvert et assurons-nous d'explorer toutes les avenues avant de conclure que la seule façon de sauver les orignaux est d'en avoir moins.

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