ATELIER - DU 25 SEPTEMBRE AU 5 OCTOBRE — PROVOQUER LE MÂLE ORIGNAL
- Steph Monette

- il y a 3 jours
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DU 25 SEPTEMBRE AU 5 OCTOBRE — PROVOQUER LE MÂLE ORIGNAL

Entre le 25 septembre et le 5 octobre, on entre généralement dans une période particulièrement intéressante du comportement reproducteur de l’orignal. Les femelles réceptives occupent évidemment une place importante, mais pour le chasseur qui maîtrise l’appel, un autre levier devient particulièrement intéressant : la compétition entre mâles.

À cette période, on ne cherche plus seulement à dire :
« Il y a une femelle ici. »
On cherche aussi à faire comprendre au mâle :
« Il y a un autre mâle dans ton secteur… et il s’intéresse à tes femelles. »
C’est là que l’appel de provocation prend tout son sens.

IL FAUT ENTRER DANS SA BULLE
Il y a 20 ou 25 ans, sur plusieurs territoires moins sollicités, il était parfois possible de faire répondre un mâle à plus d’un kilomètre et de commencer à le travailler à grande distance.
Aujourd’hui, la réalité a changé dans plusieurs secteurs.
GPS, applications cartographiques, chemins forestiers, VTT et vélos électriques permettent aux chasseurs d’entrer beaucoup plus profondément et précisément en forêt. Certains orignaux subissent davantage de pression et peuvent devenir beaucoup plus prudents.
C’est pourquoi je travaille beaucoup avec ce que j’appelle « la bulle de l’orignal ».
Un mâle peut parfaitement entendre vos appels sans répondre. Il peut rester silencieux, écouter et analyser ce qui se passe.
Sur certains territoires, cette bulle peut être très serrée : quelques centaines de mètres, parfois autour de 200 mètres, selon le terrain, le vent, la pression de chasse et le comportement de l’animal.
Ce n’est pas une distance universelle. Le principe est de comprendre qu’il faut parfois entrer suffisamment près pour devenir réellement pertinent dans son environnement immédiat.
Et plus on entre dans cette bulle, plus le vent et le contrôle des odeurs deviennent critiques.
AVANT D’APPELER : PENSEZ AU VENT
Avant d’avancer, posez-vous toujours cette question :
« Si je gagne encore 100 mètres, où mon odeur va-t-elle se retrouver? »
Votre trajet d’approche est aussi important que votre position finale. Évitez autant que possible de traverser les corridors que l’orignal pourrait utiliser pour venir vérifier vos appels.
À 200 mètres, puis 150 et 100 mètres, votre technique d’appel peut être parfaite : si votre odeur humaine arrive avant vous, votre scénario risque de s’effondrer.

À QUEL ENDROIT FAIRE SES APPELS?
Le choix de l’endroit où commencer votre séquence est aussi important que la qualité de vos appels. Personnellement, le matin et toujours à bon vent, j’aime travailler autour de mes aménagements et de mes salines. Pourquoi? Parce que ce sont des endroits que je connais et où mes caméras de surveillance peuvent me confirmer une activité récente et régulière des orignaux. Une saline active, les sentiers qui y conduisent, les frottages, les pistes et les images captées par les caméras me donnent plusieurs indices pour savoir qu’un ou plusieurs orignaux fréquentent réellement le secteur.
Je ne veux donc pas caller au hasard dans des kilomètres de forêt. Je veux commencer là où j’ai déjà des preuves d’activité. Une concentration de passages autour d’un aménagement peut augmenter mes chances d’avoir un mâle dans ma fameuse « bulle » de quelques centaines de mètres.
Le matin, avant d’entrer, j’analyse d’abord la direction du vent et mon trajet d’approche. Je veux pouvoir m’installer sans envoyer mon odeur vers la saline, les principaux sentiers ou les zones où mes caméras m’indiquent la présence des orignaux. Je cherche ensuite une position qui me permet de caller tout en conservant une zone sécuritaire et dégagée pour identifier clairement l’animal s’il approche.
C’est là que toute la stratégie se rejoint :
UN SECTEUR ACTIF + DES CAMÉRAS QUI CONFIRMENT LA PRÉSENCE + UNE APPROCHE À BON VENT + LE CONTRÔLE DES ODEURS + UNE SÉQUENCE D’APPEL CRÉDIBLE.
Au lieu d’espérer qu’un mâle situé à un kilomètre nous entende, on essaie de se positionner intelligemment près d’un secteur qu’il fréquente déjà, puis d’entrer dans sa bulle sans se faire détecter.
À partir de là, la femelle s’annonce, le mâle répond, le rattling commence… et on essaie de faire croire qu’une petite confrontation est en train de se préparer autour d’un endroit que l’orignal connaît déjà très bien.

À LA BOUCHE OU AVEC UN CALL ÉLECTRONIQUE?
Pour produire les vocalises, vous pouvez évidemment caller l’orignal directement avec votre bouche.
Un bon calleur capable de contrôler sa tonalité, son intensité et ses variations possède un excellent outil : il peut adapter immédiatement son appel au comportement du mâle.
Mais soyons réalistes : tout le monde n’a pas le même talent de calleur.
Si votre capacité à reproduire fidèlement les vocalises est limitée, l’utilisation d’un call électronique comme le RD-TRONIC de Recall Designs permet de reproduire des sons constants et réalistes.
Dans la séquence que j’utilise, la fonction #3 sert à imiter une femelle qui s’annonce, alors que la fonction #5 reproduit le mâle.
Cela devient particulièrement intéressant lorsqu’on veut construire une véritable scène sonore :
une femelle s’annonce… puis un mâle semble entrer dans le secteur.

UNE SÉQUENCE D’APPEL CONCRÈTE
Une fois bien positionné et à bon vent, je commence doucement.
Je produis deux ou trois appels de femelle. Je peux les faire à la bouche ou utiliser la fonction #3 du RD-TRONIC.
Puis je fais quelque chose d’extrêmement important :
je me tais.
J’écoute pendant environ 5 à 10 minutes.
Un mâle peut avoir entendu dès le premier appel et commencer à se déplacer sans jamais répondre.
Si rien ne se manifeste, je fais maintenant entrer le compétiteur dans mon scénario.
À la bouche, je produis quelques grognements courts de mâle. Avec le RD-TRONIC, je peux utiliser la fonction #5 pour introduire cette vocalise de mâle.
Et immédiatement après cet appel, j’ajoute un élément essentiel :
10 à 15 secondes de rattling.
LE RATTLING DONNE UNE PRÉSENCE AU MÂLE

Pour le rattling, on peut utiliser un véritable panache d’orignal, une palette d’épaule ou encore une planche de contreplaqué découpée grossièrement en forme de panache.
Pendant 10 à 15 secondes, je frotte les arbustes, je fais bouger la végétation et je peux casser quelques petites branches.
Puis :
silence.
Quelques minutes plus tard, je peux recommencer :
Fonction #3 — femelle → silence → fonction #5 — mâle → rattling 10 à 15 secondes → quelques pas lourds → silence.
Et entre différentes interventions du mâle, je peux refaire 10 à 15 secondes de rattling.
Pourquoi?
Parce que je ne veux pas simplement faire entendre un mâle.
Je veux donner une présence physique à ce mâle.
L’orignal entend une femelle.
Il entend ensuite un mâle.
Puis il entend ce mâle qui semble travailler les arbustes avec ses bois et se déplacer dans son secteur.
Tout raconte maintenant la même histoire.

AJOUTER L’ODEUR DU MÂLE À LA MISE EN SCÈNE
Lorsqu’on entre aussi près dans la bulle d’un orignal, il ne faut pas penser uniquement aux sons. L’odeur fait également partie de la mise en scène. Si je cherche à faire croire qu’un mâle vient de travailler les arbustes, je veux que mon scénario soit le plus cohérent possible. C’est pourquoi j’utilise ORIGNAK de la Ferme Monette, une formulation synthétique conçue pour simuler l’odeur associée au mâle orignal.
Avant de commencer ma séquence de rattling, j’en vaporise sur ma palette d’épaule, mon panache ou ma palette de contreplaqué, puis, toujours en tenant compte du vent, je commence à frotter les arbustes pendant 10 à 15 secondes. L’objectif est de déposer l’odeur sur la végétation exactement là où mon faux mâle semble avoir travaillé.
On vient ainsi superposer plusieurs indices :
le mâle vocalise → il se déplace → il frotte les arbustes → il laisse une odeur.
Pour moi, c’est là que la technique devient vraiment intéressante. Je ne cherche plus simplement à reproduire un call de mâle : je cherche à construire une présence crédible. Et puisque je travaille à courte distance, je demeure extrêmement attentif au vent afin d’éviter que mon odeur humaine contredise complètement l’histoire que j’essaie de raconter.
Le son attire l’attention, le rattling donne du mouvement à la scène et ORIGNAK ajoute une composante olfactive au scénario. L’objectif est que le mâle qui vient vérifier ait plusieurs indices cohérents lui suggérant qu’un compétiteur est réellement passé dans le secteur.
QUAND IL RÉPOND, LA RECETTE S’ARRÊTE
Dès qu’un mâle commence à répondre ou à se déplacer vers vous, arrêtez de suivre mécaniquement la séquence.
Travaillez avec son comportement.
Il grogne?
Répondez-lui.
Il hésite?
Un nouvel appel de mâle suivi de 10 à 15 secondes de rattling peut augmenter légèrement la provocation.
Il avance?
Diminuez vos appels.
Parce qu’un mâle intéressé peut parcourir les derniers 100 ou 200 mètres complètement silencieusement.
Votre premier avertissement pourrait simplement être une branche qui casse.
LE SILENCE FAIT PARTIE DE L’APPEL
L’erreur serait de transformer la forêt en concert.
Retenez plutôt cette progression :
FEMELLE (#3) → SILENCE → MÂLE (#5) → RATTLING 10 À 15 SECONDES → SILENCE → PROVOCATION → ÉCOUTE.
Que vous utilisiez votre bouche ou un call électronique, le principe demeure exactement le même.
Vous ne cherchez pas à produire le plus de sons possible.
Vous cherchez à raconter une histoire crédible.
Du 25 septembre au 5 octobre, vous voulez faire croire qu’une femelle est présente et qu’un autre mâle vient d’entrer dans la bulle, travaille les arbustes et pourrait maintenant s’intéresser aux femelles du secteur.
Lorsque le vent, le contrôle des odeurs, votre positionnement, les vocalises, le rattling et surtout le silence racontent tous la même histoire, vous ne faites plus simplement un call.
Vous créez une scène.
Et lorsqu’un mâle décide que cet intrus est allé suffisamment loin et qu’il vient vérifier lui-même ce qui se passe, vous pouvez assister à l’une des confrontations les plus intenses et spectaculaires de votre saison de chasse à l’orignal.




Vraiment toujours instructif les articles et hate de partir a la chasse et avoir du gros fun avec mes 2 gars .Merci encore