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AU-DELÀ DE LA CHASSE : LES AMIS QU’ON RAMÈNE DU BOIS

il y a 6 jours
4 min de lecture

AU-DELÀ DE LA CHASSE : LES AMIS QU’ON RAMÈNE DU BOIS



On parle souvent de la chasse en racontant les oiseaux récoltés, les beaux tirs, les techniques utilisées ou les kilomètres parcourus. Pourtant, avec les années, je réalise de plus en plus que les plus beaux souvenirs de chasse ne sont pas toujours ceux qu’on rapporte dans la glacière. Ce sont souvent ceux qu’on rapporte dans le cœur.



Notre récent voyage à la grue du Canada avec l’équipe des Montagnards Albanel en est un parfait exemple.


Au départ, il y avait Marc-André, Gabriel, Pascal, Yvan , Jean-Sébastien, Maxime, Yann, Samuel et toute cette gang réunie autour d’une même passion. Certains se connaissaient déjà, d’autres beaucoup moins. Comme ça arrive souvent dans notre monde, au début on se serre la main. On échange quelques histoires. On parle de chasse, d’équipement, de territoires et de stratégies.


On est des connaissances.


Puis vient le terrain.


Et le terrain, lui, change les relations.


LA CHASSE CRÉE DES LIENS DIFFÉRENTS



Il faut avoir vécu un véritable voyage de chasse entre chums pour comprendre.


On se lève ensemble beaucoup trop tôt. On partage un café pendant que tout le monde a encore les yeux à moitié fermés. On charge les véhicules, on transporte les appelants, on installe le set-up, on surveille le ciel et on se demande si les oiseaux vont finalement collaborer.



Quelqu’un oublie quelque chose? Un autre lui prête le sien.


Quelqu’un a besoin d'un coup de main? Personne ne demande pourquoi : on aide.


Puis les grues apparaissent au loin.


Tout à coup, les conversations arrêtent.


On observe leur approche. On entend leurs cris. Le cœur accélère. Chacun connaît son rôle et fait confiance aux autres.



Et quand tout fonctionne, il y a cette explosion de bonheur que seuls des chasseurs peuvent vraiment comprendre. Les tapes dans le dos, les poignées de main, les éclats de rire et les histoires qu’on va probablement raconter cent fois en les embellissant un petit peu chaque année.


Mais ce qui reste n’est pas seulement la chasse.


C’est d’avoir vécu le moment ensemble.


LE RESPECT CHANGE TOUT



Une bonne gang de chasse ne se mesure pas au nombre de gibiers récoltés.


Elle se reconnaît dans le respect.


Le respect du gibier, évidemment, mais aussi celui des autres chasseurs. Respecter celui qui a moins d’expérience. Écouter celui qui connaît mieux le territoire. Accepter qu’un autre ait une façon différente de faire les choses. Partager ses connaissances plutôt que de vouloir constamment démontrer qu’on en sait plus que les autres.



Sur le terrain, l’ego n’a jamais fait une meilleure chasse.


L’entraide, oui.


Lorsqu’une gang réussit à mettre ça en pratique, quelque chose de spécial se produit. On ne chasse plus individuellement au milieu d’un groupe.



On chasse ensemble.


La réussite de l’un devient celle de tout le monde.


ON PART AVEC DES CONNAISSANCES, ON REVIENT AVEC DES AMIS


C’est probablement ce que je retiendrai le plus de notre aventure à la grue du Canada.



Nous étions partis pour vivre une nouvelle expérience de chasse. Pour certains, nous étions simplement des gars qui partageaient la même passion et qui allaient passer quelques jours ensemble.


Mais quelque part entre les préparatifs, les kilomètres de route, les réveils avant le soleil, les grues qui nous passaient au-dessus de la tête, les repas, les discussions et les nombreux fous rires, quelque chose s’est créé.



Une fraternité.


Parce qu'un voyage de chasse permet de connaître rapidement les gens pour ce qu'ils sont réellement. Dans le bois ou dans un champ, il n'y a pas beaucoup de place pour les apparences. La fatigue arrive, les imprévus aussi. C'est là qu'on découvre celui qui aide sans qu'on lui demande, celui qui encourage les autres et celui qui est aussi heureux de voir son chum réussir que de réussir lui-même.


Et ce sont souvent ces personnes-là qu’on souhaite revoir.


LE VRAI TROPHÉE



Dans quelques années, je ne me rappellerai probablement pas de chaque détail de cette chasse.


Mais je vais me rappeler des faces.


Des rires.


Des histoires.


Du bruit des grues qui arrivaient.


Des regards entre les gars lorsque tout se mettait enfin en place.


Et surtout, je vais me rappeler d’une gang de chasseurs qui s’est réunie autour d’une passion commune et qui est repartie avec quelque chose de beaucoup plus précieux.



On était venus pour chasser la grue du Canada.


On est repartis avec de nouveaux amis.


Voilà peut-être le plus beau pouvoir de la chasse.



Elle nous amène dans des endroits extraordinaires, nous fait vivre des émotions difficiles à expliquer à ceux qui ne la pratiquent pas et nous permet parfois de récolter le gibier dont nous rêvions.


Mais lorsqu’elle est pratiquée dans le respect, le partage et l’entraide, elle nous offre quelque chose qu’aucune photo de récolte ne pourra véritablement montrer :


des amitiés forgées sur le terrain.



Et longtemps après que les fusils auront été rangés et que les histoires de cette chasse auront été racontées cent fois, ce sont ces amitiés-là qui resteront.


Parce qu’au bout du compte, le plus beau trophée d’un voyage de chasse n’est peut-être pas ce qu’on rapporte à la maison… mais les chums avec qui on rêve déjà de repartir.

2 commentaires


frank1967
frank1967
il y a 3 jours

Cet article reflète ma nouvelle vision de la chasse fraterniser avoir du fun et se faire de nouveaux amis et le bonus une récolte pour partager un copieux repas entre amis. Merci

Je trouve tellement triste de voir la jalousie qu'il y a dans cette industrie.

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rogerpaquin18
rogerpaquin18
il y a 5 jours

Oui de nouvelles connaissances et leur expérience et des histoires de chasse a conter et du gros fun et une belle fraternisation et un bon repas en chum .Merci pour l article

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