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NOUVELLE - Airmedic : la fin d'une ère dans le ciel québécois

Airmedic : la fin d’une ère dans le ciel québécois




Quand le transport d’urgence change de cap

Pendant plus de 25 ans, en Côte-Nord, en Abitibi, au Saguenay–Lac-Saint-Jean ou dans le Nord-du-Québec, un bruit familier rassurait chasseurs, pourvoyeurs et travailleurs forestiers : celui d’un hélicoptère d’Airmedic.

Aujourd’hui, cette page se tourne.

L’entreprise a confirmé qu’elle met fin à son service de transport préhospitalier d’urgence par hélicoptère un service devenu un pilier de la sécurité en territoire isolé.


Pourquoi ce changement ?


La décision ne découle pas d’une fermeture ni d’un problème opérationnel interne. Elle est directement liée à un choix du Gouvernement du Québec. Le gouvernement a lancé un appel d’offres afin de créer un service public de transport médical héliporté intégré au réseau de la santé. L’objectif : offrir une couverture universelle, financée par l’État, plutôt qu’un modèle principalement basé sur des abonnements privés.

Airmedic a déposé une soumission.

Selon les informations rendues publiques, l’offre d’Airmedic s’élevait à environ 150 à 160 millions de dollars sur plusieurs années, tandis que celle retenue, présentée par Summit Helicopters (entreprise basée en Colombie-Britannique), était inférieure d’environ 15 à 20 %, pour un total estimé autour de 125 à 135 millions de dollars selon la durée du contrat et les options incluses.



Dans un contexte budgétaire serré, le coût demeure un critère déterminant dans ce type d’attribution.

Ce que ça signifie pour les régions éloignées

Pour le monde de la chasse et de la pourvoirie, la question est simple :

La sécurité sera-t-elle équivalente, meilleure… ou moins rapide ?

Historiquement, Airmedic intervenait dans des situations critiques :

Accidents en forêt

Traumatismes graves en pourvoirie

Incidents cardiaques loin des centres hospitaliers

Évacuations en territoires nordiques

Plusieurs gestionnaires de territoires et entreprises de régions éloignées expriment une inquiétude légitime : le nouveau modèle public saura-t-il maintenir la même rapidité d’intervention sur un territoire aussi vaste et complexe ?

Le défi logistique est réel :

Distances majeures

Météo imprévisible

Infrastructures limitées

Pistes et zones d’atterrissage improvisées

Un hélicoptère médical n’opère pas comme un simple appareil de transport. Il doit être intégré à une chaîne complète : coordination 911, triage médical, équipes paramédicales spécialisées, communication satellite et logistique aérienne.



La fin des abonnements privés


Autre changement majeur :

Airmedic ne vend plus de nouveaux abonnements pour le service d’urgence héliporté.

Les contrats existants seront honorés jusqu’à leur échéance certains allant jusqu’en 2027 mais le modèle d’affaires basé sur l’adhésion annuelle disparaît graduellement pour ce volet.

Pour plusieurs chasseurs et pourvoyeurs, cet abonnement représentait une assurance supplémentaire lorsqu’ils s’aventuraient loin des routes.

Airmedic ne disparaît pas

Il est essentiel de préciser : Airmedic ne ferme pas ses portes.

L’entreprise poursuit ses activités dans :

Le transport médical interhospitalier par avion

Le rapatriement médical international

Les évacuations spécialisées


Elle demeure un acteur majeur de l’aéromédecine au Québec, mais se retire du segment spécifique du transport préhospitalier héliporté sous contrat public.

Une transition stratégique pour le Québec

Le Québec était la seule province canadienne sans service public structuré de transport médical par hélicoptère.

Le gouvernement affirme vouloir :

. Uniformiser l’accès aux soins urgents

. Centraliser la coordination avec le réseau hospitalier

. Standardiser les temps de réponse

. Optimiser les coûts à l’échelle provinciale


Sur papier, l’approche vise une couverture plus universelle.


Sur le terrain, tout dépendra :


De la localisation des bases

Du temps réel de déploiement

De la capacité à opérer en conditions extrêmes

Ce que ça veut dire pour les chasseurs


Pour le monde du plein air, trois questions demeurent :

  1. En situation critique en forêt, qui intervient concrètement ?

  2. Les délais seront-ils comparables à ceux d’avant ?

  3. Les pourvoiries devront-elles adapter leurs protocoles d’urgence ?


En territoire éloigné, chaque minute compte.

Un hélicoptère médical n’est pas un luxe : c’est souvent une question de survie.


Conclusion


La fin du service héliporté d’Airmedic marque la fin d’une époque dans le ciel québécois.

Ce n’est pas une disparition c’est une transition structurelle majeure dans l’organisation du transport médical d’urgence au Québec.



Reste maintenant à voir si le nouveau modèle public saura offrir la même confiance que celle bâtie pendant plus de 25 ans.

Parce qu’au final, pour un chasseur isolé en forêt ou un travailleur blessé à des centaines de kilomètres d’un centre hospitalier, la question demeure simple :

Quand chaque minute compte, le système répondra-t-il présent ?

4 commentaires


gagnegabriel16
gagnegabriel16
il y a 6 jours

On verra ce que sa va donner...

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manon69proulx
21 févr.

C'est décevant, on verra la suite. ́

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frank1967
frank1967
21 févr.

Je suis vraiment déçu que nous ayons perdu cette compagnie qui donnait un service rodé au quart de tour. Je suis sceptique que le nouveau service soit géré par le gouvernement et en plus une compagnie du B.C. est le contrat comme ont dit donnons une chance au coureur. À suivre....

Merci

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Ils propage l'importance d'acheter local et eux ne suivent même pas leurs recommandations

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