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L'Ours Blanc : 26 000 sur la glace

Ce que les chiffres disent vraiment, et ce qu'ils ne disent pas encore.

On nous a longtemps dit que l'ours polaire disparaissait. Que la glace fondait plus vite que l'espèce ne pouvait s'adapter. Que c'était une question de décennies, peut-être moins. Et pourtant, les chiffres les plus récents du Groupe de spécialistes de l'ours polaire de l'UICN pointent vers une réalité plus nuancée, et pour certaines régions, plus encourageante que prévu.

L'estimation mondiale actuelle tourne autour de 26 000 individus, avec une fourchette de 22 000 à 31 000 selon les sous-populations et les méthodes de recensement. Pour un chasseur ou un gestionnaire de faune, ce n'est pas rien. C'est une population viable, répartie sur 20 sous-populations distinctes à travers le cercle arctique.

Le Canada : le cœur du territoire

Quand on parle d'ours polaires, on parle essentiellement du Canada. Environ les deux tiers de la population mondiale fréquentent nos eaux, nos côtes, nos glaces. Les provinces et territoires concernés, soit le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest, le Manitoba, l'Ontario, le Québec, Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse, abritent 13 des 20 sous-populations reconnues. C'est ici que se joue l'avenir de l'espèce.

La chasse sportive et de subsistance est toujours active au Canada, encadrée par des quotas stricts établis en collaboration avec les communautés inuites. C'est un modèle de gestion qui fonctionne. Comme l'orignal ou le caribou chez nous, le prélèvement contrôlé fait partie de l'équilibre.

« La population est bien plus robuste que ce que l'opinion publique imagine, mais ça ne veut pas dire que tout va bien partout. »

Synthèse PBSG, rapport d'octobre 2024

Des chiffres en hausse… ou mieux comptés ?

Il faut être honnête sur une chose : une partie de la hausse apparente des effectifs s'explique par l'amélioration des méthodes de recensement. Les premières estimations des années 1970-1980 étaient basées sur des survols partiels, des connaissances locales, et beaucoup d'extrapolations. Aujourd'hui, les biologistes utilisent la télémétrie par satellite, les analyses génétiques et les méthodes de capture et recapture.

Cela dit, certaines sous-populations ont réellement progressé depuis l'interdiction de la chasse commerciale en Russie (1957) et en Norvège (1973). Le rebond de ces populations est documenté et attribuable directement à la protection légale, une victoire concrète de la conservation.

Mais le tableau n'est pas uniforme

C'est là où la nuance devient indispensable pour un lecteur terrain. Toutes les sous-populations ne se portent pas pareil. Celles du haut Arctique, notamment Kane Basin et le canal M'Clintok, bénéficient d'une glace pluriannuelle qui fond plus lentement, libérant de nouvelles proies. Ces populations sont stables, voire en légère hausse.

À l'opposé, les sous-populations de la baie d'Hudson (ouest et sud) et de la mer de Beaufort souffrent d'une débâcle printanière de plus en plus hâtive. Les ours passent plus de temps à terre, sans accès aux phoques. La condition corporelle des femelles décline. La survie des oursons chute. Ce n'est pas de la propagande, c'est de la biologie de terrain.

Ce que ça change pour nous

Pour un chasseur québécois habitué à gérer l'orignal, le chevreuil ou l'ours noir à la maison, le message est familier : la gestion par les chiffres, ça marche. Quand on arrête la chasse commerciale excessive, les populations remontent. Quand on établit des quotas de subsistance fondés sur la science, l'espèce tient le coup.

L'ours polaire n'est pas en train de s'éteindre demain matin. Mais il fait face à des pressions réelles sur certains territoires, et ce serait aussi faux de le nier que de crier à la catastrophe globale. La vérité est dans le terrain. Comme toujours.


4 commentaires


Stephan Menard
Stephan Menard
il y a 4 jours

Vraiment intéressant merci good job

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frank1967
frank1967
il y a 4 jours

Très bon article et comme quoi quand les scientifiques font une vraie job de terrain et bien la nouvelle devient tout à coup plus stable et à certains endroits même en légère hausse du cheptel. Sa prouve une chose la bouette sous les bottines ne sera jamais remplacé par un écran d'ordinateur. Merci

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rogerpaquin18
rogerpaquin18
il y a 5 jours

Bonne étude par les biologiste et la protection de l ours polaire et bien gestionné .Merci pour tout les articles tres intéressant .

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Phillipe T.
Phillipe T.
il y a 5 jours

Wow super intéressant comme article. Merci pour la recherche!

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