Theodore Roosevelt, la chasse, la conservation... et un revolver chargé d'histoire à $775 000.00
- Steph Monette

- 28 janv.
- 3 min de lecture
Theodore Roosevelt, la chasse, la conservation… et un revolver chargé d’histoire

Un revolver ayant appartenu à Theodore Roosevelt, 26e président des États-Unis, naturaliste passionné et figure fondatrice de la conservation moderne, vient d’être vendu pour une somme qui dépasse largement le simple objet de collection : 775 000 dollars américains.

Le 9 décembre dernier, un Smith & Wesson New Model No. 3, chambré en .38 Long Colt, a été adjugé lors d’une vente aux enchères prestigieuse. Ce revolver avait été expédié au lieutenant-colonel Roosevelt le 12 mai 1898, exactement le jour de son départ pour San Antonio, où il s’apprêtait à entraîner le légendaire régiment des Rough Riders avant leur engagement à Cuba durant la guerre hispano-américaine.

Des années plus tard, cette même arme se serait retrouvée sur la table de chevet de Roosevelt, là où il s’est éteint paisiblement dans son sommeil, en 1919.
« Il s’agit d’un joyau de la couronne dans le domaine des armes de collection. Ce n’est pas seulement une arme présidentielle : c’est l’arme d’un homme qui a incarné l’esprit, la vigueur et les contradictions d’une nation en pleine construction », a déclaré Kevin Hogan, président de la maison de ventes Rock Island Auction Company.
Un président-chasseur, bien au-delà du mythe
Avant même d’accéder à la Maison-Blanche, Roosevelt était déjà une figure centrale du monde de la chasse nord-américaine. En 1887, il cofonde le Boone and Crockett Club avec George Bird Grinnell, puis en devient président de 1888 à 1894. Ce club ne prônait pas la chasse pour la chasse, mais une chasse éthique, scientifique et durable, à une époque où la faune nord-américaine avait été dramatiquement surexploitée.
C’est d’ailleurs cette philosophie qui guidera Roosevelt tout au long de sa présidence, de 1901 à 1909. Sous son impulsion, les États-Unis verront naître un héritage colossal : forêts nationales, refuges fauniques, parcs protégés, ainsi que les bases légales de la gestion moderne de la chasse et de la pêche.
Une anecdote de chasse bien ancrée au Québec

Théodore Roosevelt, une Chasse à l'orignal memorable au Québec avec son guide Arthur Lirette en 1915, on le voit avec sa 30-06 modèle 1903
Ce que l’on sait moins, c’est que Theodore Roosevelt a aussi chassé au Québec. En 1903, déjà président des États-Unis, il entreprend une expédition de chasse au caribou sur la rivière Moisie, sur la Côte-Nord. Accompagné de son fils Kermit Roosevelt et de guides locaux, Roosevelt y vit une expérience qu’il décrira comme l’une des plus authentiques de sa vie de chasseur.
Il y découvre un territoire rude, sauvage, exigeant, où la chasse n’a rien de facile ni de garantie. Cette expédition renforce chez lui une conviction profonde : la chasse véritable forge le caractère, mais exige le respect absolu de l’animal et du territoire. Une vision qui résonne encore aujourd’hui chez de nombreux chasseurs québécois.
Une arme, mais surtout un symbole
Le revolver vendu aux enchères était accompagné d’un certificat d’authenticité de Smith & Wesson et était estimé entre 800 000 et 1,4 million de dollars. Le document précise toutefois que cette arme n’a pas été utilisée lors de la célèbre charge de Kettle Hill, à San Juan, en 1898. Lors de cette bataille, Roosevelt portait plutôt un revolver Colt à double action, récupéré de l’épave de l’USS Maine,

aujourd’hui conservé à Sagamore Hill, sa résidence de Long Island.
Selon les archives de la vente, le revolver aurait été acheté à James E. Amos, l’un des gardes du corps de Roosevelt, présent à son chevet peu avant sa mort. Amos écrivait d’ailleurs que le président déposait chaque soir un revolver sur sa table de nuit lorsqu’il séjournait à la Maison-Blanche :
« Durant sa présidence, il était souvent armé. »
Un marché à la hauteur de l’homme

Le fusil juxtaposé de la Fox Gun Company




Bien que 775 000 dollars représentent une somme impressionnante, ce n’est pas un record pour les armes de Roosevelt. En 2010, un fusil juxtaposé de la Fox Gun Company ayant appartenu à l’ancien président s’est vendu 862 500 dollars.
En 2020, un autre revolver Colt, commandé pour son 54e anniversaire, a atteint 1,4 million de dollars.

Mais au-delà des chiffres, ces ventes rappellent une chose essentielle : Theodore Roosevelt n’était pas simplement un collectionneur d’armes ou un chasseur de trophées.

Il était un homme de terrain, un penseur de la conservation, et un président pour qui la chasse, la responsabilité et la transmission allaient de pair.
Un héritage qui, plus d’un siècle plus tard, continue de faire écho… jusque dans les forêts du Québec.




ça prend plus de leader comme lui, qu'elqu'un qui a du bon sens. avec la bouette sous les bottines. tres bonne article.
Impressionnant et captivant pour un passionné d'histoire.
tres bel article je le savais chasseur mais pas le reste
Se Président est un exemple à suivre en espérant que sa se rend du côté de nôtre gouvernement, sa serait une bonne lecture pour eux. Vraiment une belle histoire. Très intéressant et que dire du pistolet juste wowwww 💥👍
Les américains lui doivent beaucoup pour la conservation de la faune et de la création de parc aussi "yellowstone " entre autre