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Éditorial – Qui est vraiment inhumain ?

Éditorial – Qui est vraiment inhumain ?



Il y a une hypocrisie qui commence à peser lourd en Amérique du Nord. Une hypocrisie confortable, bien habillée de slogans verts et d'indignation sélective. Celle des mouvements anti-chasse qui se posent en défenseurs du vivant… tout en répandant une haine froide et organisée contre des millions de citoyens ordinaires, des deux côtés de la frontière.


Car appelons les choses par leur nom. Ce que font certains de ces groupes n'est plus du militantisme. C'est de la persécution. Aux États-Unis, des chasseurs reçoivent régulièrement des menaces de mort sur les réseaux sociaux, leurs adresses personnelles publiées en ligne comme des cibles une pratique qu'on appelle le doxxing simplement parce qu'ils ont partagé une photo de chasse sur Instagram ou Facebook.



Au Canada, des pourvoyeurs du Québec,

de l'Ontario ou de la Colombie-Britannique ont vu leurs entreprises familiales détruites par des campagnes de harcèlement organisé, leurs clients harcelés, leurs réputations anéanties. Dans les Prairies albertaines, des agriculteurs-chasseurs qui régulent les populations de cerfs et de coyotes pour protéger leurs troupeaux sont traités publiquement de tortionnaires par des groupes urbains qui n'ont jamais mis les pieds dans un champ de leur vie.



Des insultes déversées par milliers.


Des familles terrorisées. Des enfants de chasseurs harcelés à l'école. Et tout cela au nom de l'amour des animaux. Permettez-moi d'en douter sincèrement.

Parce que pendant que ces militants s'indignent depuis leurs appartements des grandes villes, le chasseur, lui, est debout à l'aube. Au Canada, ce sont les chasseurs autochtones des Premières Nations Cris, Anishinaabe, Inuits qui maintiennent depuis des millénaires un rapport de respect, de réciprocité et de gestion raisonnée avec la faune sauvage. Les voir accusés de barbarie par des militants du Sud est non seulement faux, c'est profondément colonial.




Aux États-Unis, le système de conservation de la faune sauvage repose en grande partie sur le Pittman-Robertson Act de 1937 : une taxe prélevée sur les équipements de chasse et de tir qui a généré, depuis sa création, plus de 23 milliards de dollars dédiés exclusivement à la protection des habitats naturels et à la restauration des espèces. Ce sont les chasseurs qui financent la conservation américaine. Pas les pétitionnaires en ligne.

Dans le Minnesota, le Wisconsin et le Michigan, ce sont les chasseurs qui remontent en premier les alertes sur la Maladie débilitante chronique du cerf, une épidémie neurologique qui menace des populations entières.



Au Québec, les zones de chasse contrôlées les ZEC sont gérées par des organismes citoyens qui assurent le suivi des populations, l'entretien des accès, et la protection des milieux humides. En Colombie-Britannique, la chasse à l'orignal et au caribou est encadrée par des protocoles scientifiques rigoureux, en collaboration directe avec les biologistes du gouvernement provincial.


La chasse n'est pas un caprice. C'est une réponse concrète, chiffrée, mesurable, à des équilibres naturels que l'homme a lui-même perturbés depuis des siècles et il y a une vérité que personne ne veut dire franchement : le chasseur mange ce qu'il tue. Il ne délègue pas la mort à un abattoir industriel anonyme, quelque part dans les grandes plaines du Kansas ou de l'Alberta, hors de sa vue et de sa conscience. Il assume l'acte dans son entièreté. Il y a dans cette honnêteté quelque chose que peu de nos contemporains sont capables d'affronter. Critiquer la chasse tout en achetant son bœuf haché sous cellophane au supermarché, c'est une position moralement indéfendable. C'est vouloir le beurre, l'argent du beurre, et la bonne conscience par-dessus.


Au Montana, en Saskatchewan, au Nouveau-Brunswick partout en Amérique du Nord, les fédérations de chasseurs financent des programmes de reforestation, d'entretien des zones humides, de suivi épidémiologique de la faune. Ce sont eux qui connaissent le terrain, les espèces, les cycles saisonniers. Ce sont eux qui transmettent cette connaissance à leurs enfants, à leurs communautés, génération après génération.



Alors oui, le chasseur prend une vie. Il en est pleinement conscient et c'est précisément cette conscience qui le distingue. Il chasse dans un cadre strict, avec des quotas définis par des biologistes, des saisons réglementées, des permis rigoureusement contrôlés. Il sait que prélever intelligemment, c'est préserver durablement.

Alors posons vraiment la question qu'on évite dans les studios de télévision et les journaux bien-pensants : qui est le plus inhumain ? Celui qui envoie des menaces de mort à un père de famille parce qu'il part en forêt le samedi matin avec son fils ? Ou celui qui, en toute transparence et en toute éthique, prélève ce que la nature peut donner, la protège, la surveille, et la transmet à ses enfants ?

La réponse est évidente. Et si les mouvements anti-chasse veulent vraiment parler d'humanité, de respect du vivant et de cohérence morale, ils feraient bien de commencer par se regarder dans le miroir.


11 commentaires


frank1967
frank1967
10 mai

Très bon article et surtout une réalité qui prend de l'ampleur avec les gens des grandes villes qui viennent s'établir en Région rurale sans connaître le quotidien des gens rurales.

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Super bonne article steph il y aura toujours des gens qui ne comprendrons jamais que nous fesont tous pour l équilibre de la faune

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L'hypocrisie de notre époque est partout, meme dans la chasse.

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Merci Stéphane très bon article.

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Tres bien dit le monde devrais se regarder avant de parler.

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