CHEVREUIL : LES STATISTIQUES RÉVÈLENT-ELLES LA MEILLEURE PÉRIODE POUR RÉCOLTER UN MÂLE TROPHÉE?
Plus de 8 000 trophées analysés, des décennies de données et des recherches scientifiques sur les déplacements des mâles. Et si nous pouvions mieux planifier nos journées de chasse grâce à la science?

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Chaque automne, des milliers de chasseurs tentent de déterminer le meilleur moment pour récolter un mâle mature.
Certains surveillent les phases lunaires, d'autres attendent une chute des températures ou se fient simplement à leur expérience.
Mais depuis plusieurs décennies, une quantité impressionnante de données s'accumule sur les récoltes de cerfs de Virginie trophées en Amérique du Nord.
Et ces données révèlent une tendance particulièrement intéressante!

🦌 PLUS DE 8 000 TROPHÉES : UNE PÉRIODE SE DÉMARQUE!
Le prestigieux Boone and Crockett Club, qui répertorie les grands trophées nord-américains depuis plus d'un siècle, a publié en 2014 une analyse portant sur plus de 8 000 inscriptions dans ses registres.
L'objectif était notamment de déterminer à quel moment les plus grands mâles avaient été récoltés.
Résultat : la semaine entourant le 13 novembre ressort comme une période particulièrement productive!
La publication identifiait également une plage horaire intéressante : entre 16 h et 17 h, en fin d'après-midi.
Voilà une observation qui mérite l'attention des chasseurs!
Mais attention : ces chiffres représentent des récoltes enregistrées, et non une mesure directe des probabilités de succès par heure de chasse.
Ils peuvent notamment être influencés par le nombre de chasseurs sur le terrain, les dates d'ouverture et les différences régionales.
Quant au 8 novembre, parfois présenté comme la journée numéro un pour récolter un mâle trophée, cette affirmation précise n'a pas pu être confirmée dans les données officielles consultées.
La tendance générale demeure néanmoins intéressante.

UNE ÉTUDE SCIENTIFIQUE DE 2025 RENFORCE CETTE OBSERVATION!
Une recherche publiée en 2025 dans la revue scientifique Ecology and Evolution apporte un éclairage supplémentaire.
Les chercheurs ont étudié les déplacements de 188 mâles cerfs de Virginie équipés de colliers GPS, au Wisconsin, entre 2017 et 2020.
Les résultats ont permis d'identifier une période de forte activité reproductrice s'étendant approximativement du 23 octobre au 12 novembre.
Les déplacements des mâles s'intensifiaient notamment au début de novembre.
Pourquoi?
Parce que la recherche des femelles réceptives devient progressivement une priorité comportementale.
Les mâles peuvent alors augmenter leurs déplacements, explorer de nouveaux secteurs et traverser des territoires qu'ils fréquentent rarement le reste de l'année.
C'est précisément ce comportement qui peut créer des occasions exceptionnelles pour les chasseurs!
Cette recherche ne démontre pas qu'une journée précise garantit le succès, mais elle renforce l'importance stratégique de cette période.

LE RUT : QUAND LES MÂLES DEVIENNENT PLUS MOBILES!
À l'approche de la reproduction, les habitudes des mâles changent considérablement.
Un mâle mature qui semblait presque exclusivement nocturne peut soudainement être observé en plein jour.
Il recherche les femelles, inspecte les grattages, emprunte différents corridors et peut parcourir de grandes distances.
Mais contrairement à une croyance populaire, le rut ne signifie pas que les mâles perdent complètement leur instinct de survie.
Ils demeurent sensibles aux odeurs, aux mouvements et à la pression de chasse.
Leur motivation reproductive peut toutefois les amener à prendre davantage de risques.
Voilà pourquoi certains chasseurs observent soudainement de grands mâles qu'ils n'avaient jamais photographiés auparavant!
🎯 COMMENT TRANSFORMER CES DONNÉES EN STRATÉGIE DE CHASSE?
Le véritable avantage de ces recherches n'est pas de nous donner une date magique.
C'est de nous aider à mieux comprendre quand et où concentrer nos efforts.
À l'approche du rut, les chasseurs devraient particulièrement surveiller :
• Les secteurs fréquentés par les femelles : elles deviennent le principal centre d'intérêt des mâles.
• Les corridors de déplacement : transitions forestières, passages naturels et lisières reliant différents habitats.
• Les grattages actifs : ils peuvent révéler la présence de mâles et leurs déplacements avant la période intense du rut.
• Les vents et les thermiques : un excellent emplacement peut devenir inefficace si les odeurs humaines contaminent les corridors.
• La pression de chasse : limiter les intrusions inutiles peut aider à préserver la tranquillité des secteurs stratégiques.
Une préparation rigoureuse en octobre peut donc devenir particulièrement payante en novembre.

ET POUR LES CHASSEURS DU QUÉBEC?
Il faut évidemment adapter ces observations à notre réalité.
Les résultats obtenus aux États-Unis ne peuvent pas être appliqués automatiquement à toutes les régions québécoises.
La latitude, les conditions météorologiques, la structure des populations, la pression de chasse et les dates d'ouverture influencent les possibilités de récolte.
Au Québec, la reproduction du cerf de Virginie se déroule principalement en novembre et décembre, avec des variations régionales.
La première moitié de novembre représente donc une période biologiquement intéressante, mais elle ne correspond pas nécessairement à la meilleure période de chasse dans toutes les zones.
Le chasseur doit toujours tenir compte de la réglementation et des caractéristiques de son territoire.
MON ANALYSE : LA SCIENCE CONFIRME UNE TENDANCE, PAS UNE DATE MAGIQUE!
Après avoir examiné les données historiques et les recherches scientifiques, une conclusion se dégage.
Le début et le milieu de novembre constituent une période particulièrement prometteuse pour observer et potentiellement récolter des mâles matures, là où la chasse est autorisée.
Les registres de trophées et les études sur les déplacements des mâles convergent vers l'importance de cette période du rut.
Mais aucune étude présentée ici ne permet d'affirmer que le 8 novembre, ou une heure précise, représente universellement la meilleure occasion de récolte.
Pour moi, la véritable leçon est ailleurs.
La réussite ne dépend pas uniquement du nombre d'heures passées dans un mirador.
Elle dépend de notre capacité à comprendre le comportement du gibier, à anticiper ses déplacements et à choisir judicieusement nos journées de chasse.
Parce qu'un chasseur bien préparé, qui comprend la biologie du chevreuil, possède souvent un avantage sur celui qui se fie uniquement à la chance!
ET VOUS ?
À quelle date avez-vous récolté votre plus gros mâle chevreuil?
Était-ce au début de la saison, pendant les premières semaines de novembre ou plus tard?
J'aimerais connaître vos expériences!
Indiquez la date de votre récolte et votre région de chasse.
Il serait intéressant de comparer les observations des chasseurs québécois avec les tendances historiques américaines!
Stéphane Monette — ON JASE
La passion de la chasse, appuyée par la connaissance et la science.
SOURCES ET RÉFÉRENCES
• Boone and Crockett Club (2014) — Publication sur les périodes de récolte des trophées de cerfs de Virginie, à partir de plus de 8 000 inscriptions.
• Ecology and Evolution (2025) — Recherche sur les déplacements de 188 mâles cerfs de Virginie suivis par GPS au Wisconsin de 2017 à 2020.
• Gouvernement du Québec — Informations biologiques sur la reproduction et le comportement du cerf de Virginie.





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