ATELIER - TIR AU PIGEON D’ARGILE : POURQUOI VOUS MANQUEZ DES PLATEAUX FACILES
- Steph Monette

- 18 août
- 5 min de lecture
TIR AU PIGEON D’ARGILE : POURQUOI VOUS MANQUEZ DES PLATEAUX FACILES

Vous arrive-t-il de manquer un plateau qui vous semblait pourtant lent, facile et parfaitement visible?
Vous épaulez, vous suivez la cible, vous avez l’impression d’être dessus… vous tirez et : MANQUÉ!
Très souvent, le problème n’est pas votre fusil. Ce n’est pas nécessairement non plus votre vitesse de réaction ou la quantité d’avance que vous donnez.
Le problème peut être beaucoup plus simple :
Vous essayez de viser le plateau comme si vous tiriez avec une carabine sur une cible fixe.
Et c’est justement là que tout commence.

1. AU FUSIL, ON NE VISE PAS UNE CIBLE MOBILE COMME AVEC UNE CARABINE
Avec une carabine, nous sommes habitués à rechercher une image de visée précise.
On stabilise l’arme, on place le réticule ou les organes de visée sur la cible, on affine notre visée et on presse la détente.
Avec un fusil de chasse sur un plateau en mouvement, la mécanique est complètement différente.
La cible continue de se déplacer pendant toute la séquence de tir.
Votre fusil doit donc lui aussi demeurer en mouvement.
L'une des erreurs classiques du débutant consiste à vouloir vérifier consciemment la position du canon ou du guidon juste avant de tirer.
Les yeux quittent alors momentanément le plateau.
Le tireur commence à regarder le canon.
Son mouvement ralentit.
Il hésite.
Et parfois, il arrête presque complètement son swing au moment de presser la détente.
Pendant ce temps, le plateau, lui, continue sa trajectoire.
Résultat :
le coup passe souvent derrière la cible.
Ce n’est donc pas nécessairement un problème d’avance.
Vous aviez peut-être initialement la bonne avance, mais vous l’avez perdue lorsque votre fusil a ralenti.

2. VOS YEUX DOIVENT DIRIGER LE TIR
Voici un principe fondamental du tir au fusil :
LES YEUX GUIDENT — LE FUSIL SUIT.
Vos yeux doivent rester concentrés sur le plateau.
Idéalement, vous ne regardez pas simplement « dans sa direction ». Vous cherchez une concentration visuelle précise sur la cible.
Sa bordure.
Sa partie avant.
Sa trajectoire.
Sa vitesse.
Votre cerveau analyse alors naturellement énormément d’informations.
Il évalue notamment :
• la direction de déplacement;
• la vitesse apparente;
• l'angle de la cible;
• son accélération ou sa décélération apparente;
• la distance;
• et le mouvement nécessaire pour intercepter sa trajectoire.
Plus vous pratiquez, plus cette coordination devient instinctive.
C’est comparable au fait d’attraper une balle.
Lorsque quelqu’un vous lance une balle, vous ne calculez pas consciemment sa vitesse, sa trajectoire et son point d’interception.
Vous regardez la balle et votre cerveau coordonne vos mouvements.
Le principe est similaire au tir sur cible mobile.

3. LE PIÈGE DU GUIDON
Le guidon est important pour obtenir une bonne référence et une bonne configuration du fusil.
Mais il ne doit pas devenir votre cible visuelle pendant le swing.
Un débutant peut avoir tendance à faire ceci :
Plateau → canon → guidon → plateau → vérification de l’avance → tir.
Chaque changement de concentration visuelle perturbe la fluidité du mouvement.
On veut plutôt développer une séquence ressemblant davantage à ceci :
VOIR → ÉPAULER → SUIVRE → PRENDRE L’AVANCE → TIRER → CONTINUER LE MOUVEMENT.
Et pendant pratiquement toute cette séquence :
LES YEUX RESTENT SUR LE PLATEAU.
Vous devez être conscient de la présence du canon dans votre vision périphérique sans nécessairement chercher à le regarder directement.
C’est une différence extrêmement importante.

4. POURQUOI LES PLATEAUX « FACILES » SONT PARFOIS LES PLUS MANQUÉS
C’est un phénomène intéressant.
Une cible très rapide oblige souvent le tireur à réagir instinctivement.
Vous voyez le plateau.
Vous montez le fusil.
Vous accompagnez.
Vous tirez.
Tout se déroule rapidement et naturellement.
Mais lorsqu’un plateau semble lent et facile, votre cerveau vous donne davantage de temps pour réfléchir.
Vous commencez alors à vous demander :
« Est-ce que j’ai assez d’avance? »
« Mon canon est-il bien placé? »
« Devrais-je attendre encore un peu? »
« Est-ce le bon moment pour tirer? »
Et pendant toutes ces réflexions…
le plateau continue de se déplacer.
Votre mouvement devient moins naturel.
Vous ralentissez.
Vous devenez rigide.
Et finalement, vous tirez derrière.
Voilà pourquoi un plateau techniquement facile peut devenir étonnamment difficile.

5. NE PAS CONFONDRE VITESSE ET FLUIDITÉ
Un excellent tireur n’est pas nécessairement quelqu’un qui bouge extrêmement rapidement.
Il est surtout fluide.
Regardez un très bon tireur au pigeon d’argile.
Ses mouvements semblent souvent presque tranquilles.
Il identifie la cible.
Ses yeux la captent.
Le fusil monte naturellement.
Le swing accompagne la trajectoire.
L’avance se crée.
Le coup part.
Et surtout :
le fusil continue son mouvement après le départ du coup.
C’est ce qu’on appelle généralement le follow-through, ou la continuité du mouvement.
C’est fondamental.

6. NE PAS ARRÊTER LE FUSIL AU MOMENT DU TIR
Imaginez un plateau qui traverse devant vous.
Vous prenez votre avance correctement.
Mais au moment exact où vous appuyez sur la détente, vous arrêtez votre swing.
Votre avance commence immédiatement à disparaître.
Le plateau continue d’avancer alors que votre canon ralentit.
Votre tir risque donc de passer derrière.
C’est pourquoi il faut penser :
TRAVERSER — TIRER — CONTINUER.
Le départ du coup ne représente pas la fin du mouvement.
Votre swing doit continuer naturellement après avoir pressé la détente.
Un exercice mental simple consiste à imaginer que vous voulez continuer à suivre le plateau même après l’avoir cassé.

7. L’AVANCE N’EST PAS UNE DISTANCE UNIVERSELLE
Une autre erreur fréquente consiste à vouloir apprendre une quantité d’avance fixe :
« À cette distance, je dois mettre 60 cm devant. »
Ce n’est pas aussi simple.
L’avance nécessaire varie selon plusieurs facteurs :
Vitesse + distance + angle + trajectoire + méthode de tir.
Une cible qui traverse rapidement à 90 degrés ne demande pas la même perception d’avance qu’une cible qui s’éloigne presque directement de vous.
Et surtout, votre perception visuelle de l’avance peut être différente de celle d’un autre tireur.
C’est pourquoi il faut apprendre à lire la cible et maintenir le mouvement, plutôt que d’essayer de mesurer constamment une distance entre le canon et le plateau.

8. UNE SÉQUENCE SIMPLE À MÉMORISER
À votre prochaine séance, essayez de simplifier votre processus mental.
1 — VOIR
Repérez rapidement le plateau.
2 — FOCUS
Concentrez vos yeux sur la cible, pas sur le canon.
3 — ÉPAULER
Montez le fusil naturellement sans perdre votre concentration visuelle.
4 — ACCOMPAGNER
Synchronisez votre mouvement avec celui du plateau.
5 — CRÉER L’AVANCE
Selon la technique utilisée, laissez le canon passer devant ou maintenez l’avance nécessaire.
6 — TIRER
Lorsque l’image vous semble naturelle, pressez la détente sans ajouter une dernière vérification inutile.
7 — CONTINUER
Maintenez votre swing après le départ du coup.
VOIR → FOCUS → ÉPAULER → ACCOMPAGNER → AVANCE → TIRER → CONTINUER

9. UN EXERCICE SIMPLE POUR VOTRE PROCHAINE PRATIQUE
Pendant une série de plateaux, donnez-vous un seul objectif :
NE PAS REGARDER LE GUIDON AU MOMENT DU TIR.
Oubliez temporairement votre score.
Concentrez-vous uniquement sur trois éléments :
YEUX SUR LE PLATEAU → MOUVEMENT FLUIDE → CONTINUER APRÈS LE COUP.
Si vous manquez, ne cherchez pas immédiatement à ajouter énormément d’avance.
Demandez-vous d’abord :
Est-ce que mes yeux sont restés sur la cible?
Est-ce que mon fusil a ralenti?
Est-ce que j’ai arrêté mon swing lorsque j’ai pressé la détente?
Vous pourriez découvrir que plusieurs de vos erreurs ne viennent pas d’un manque d’avance, mais d’une perte de fluidité dans votre mouvement.
À RETENIR
Le tir au pigeon d’argile n’est pas une tentative de placer parfaitement un guidon sur une cible immobile.
C’est un exercice de vision, de coordination, de mouvement et de confiance.
🎯 Regardez la cible.
👀 Laissez vos yeux guider votre mouvement.
🔫 Gardez le fusil en mouvement.
💥 Pressez la détente sans hésitation inutile.
➡️ Continuez votre swing après le coup.
Plus vous essayez de contrôler consciemment chaque petit détail pendant le tir, plus vous risquez de devenir rigide.
À l’inverse, avec une bonne technique et beaucoup de pratique, le mouvement devient progressivement plus naturel.
Le plateau bouge. Votre fusil doit bouger avec lui.
Et rappelez-vous cette phrase lors de votre prochaine séance :
LES YEUX SUR LE PLATEAU, LE FUSIL EN MOUVEMENT ET LE SWING CONTINUE APRÈS LE COUP.




Avoir cette article ,un peut nostalgique de plus de 20 ans de chasse a la sauvagine moi et mon patner et avons pratiqué et brulé des caisses de pigeons au tir et de compétition et ont commencaient le printemps a la corneille pour la prochaine saison et apprendre sur le tas .Merci pour les conseils et pour nous apprendre de bon truc .
Conseil très intéressant que je vais pratiquer le 29 août en allant vous voir au MSC bien hâte de voir si je comprends bien. Merci