L’ART DE DEVENIR INVISIBLE : COMMENT APPROCHER LE GIBIER SANS ÊTRE DÉTECTÉ
Par Stéphane Monette

À la chasse, ce n’est pas toujours celui qui voit l’animal en premier qui réussit. C’est souvent celui que l’animal ne détecte jamais!
Que vous soyez installé dans un mirador à quelques mètres d'un chevreuil ou que vous progressiez lentement dans une forêt à la recherche d'un orignal, une règle demeure fondamentale : vous devez déjouer trois mécanismes de défense du gibier : son odorat, son ouïe et sa vision.
Un animal peut tolérer votre présence sans réagir immédiatement. Mais un seul mouvement brusque, une odeur transportée par le vent ou une branche cassée sous votre botte peut suffire à le mettre en alerte.
Voici huit principes qui peuvent transformer votre façon de chasser.

1. LE VENT : VOTRE PLUS GRAND ALLIÉ… OU VOTRE PIRE ENNEMI!
L'odorat constitue l'un des principaux moyens de défense du chevreuil et de l'orignal.
Un animal peut être parfaitement dissimulé derrière des arbres et détecter votre présence uniquement grâce aux molécules odorantes transportées par l'air.
La règle est simple : évitez que votre odeur soit transportée vers l'animal ou vers les endroits où vous prévoyez le rencontrer.
Attention aux vents tourbillonnants dans les vallées, aux courants thermiques qui montent avec le réchauffement du sol et qui redescendent lorsque celui-ci refroidit.
Avant de vous installer ou de progresser, utilisez régulièrement un indicateur de vent. Une direction favorable au départ peut changer quelques minutes plus tard.

2. CONTRÔLE DES ODEURS : RÉDUIRE SON EMPREINTE OLFACTIVE
Le contrôle des odeurs commence bien avant d'entrer dans la forêt.
La transpiration, les bactéries présentes sur la peau, les vêtements, les bottes et même les odeurs accumulées dans votre véhicule contribuent à votre signature olfactive.
Lavez vos vêtements avec un détergent sans parfum, conservez-les dans un contenant propre et évitez les produits corporels fortement parfumés.
Des produits de contrôle des odeurs peuvent compléter cette préparation, mais aucun ne garantit une invisibilité olfactive totale.
Le véritable objectif n'est pas de devenir parfaitement inodore, mais de réduire les sources d'odeurs tout en maîtrisant leur dispersion grâce au vent.

3. LES VÊTEMENTS SILENCIEUX : UN DÉTAIL QUI CHANGE TOUT
Un manteau qui frotte contre une branche, un pantalon qui produit un bruissement à chaque pas ou une fermeture éclair qui cogne peuvent compromettre une approche.
Privilégiez les tissus souples, mats et silencieux.
Testez vos vêtements avant la chasse : marchez, accroupissez-vous, tournez le haut du corps et simulez les mouvements que vous pourriez devoir effectuer.
N'oubliez pas les accessoires : sangles, jumelles, fermetures et objets dans les poches.
Le meilleur camouflage ne sert à rien si chaque mouvement annonce votre présence.

4. BOUGER LENTEMENT, MAIS SURTOUT BOUGER AU BON MOMENT
Les chevreuils et les orignaux détectent particulièrement bien les mouvements inhabituels.
Un chasseur peut être très bien camouflé et devenir immédiatement visible simplement en tournant brusquement la tête.
En mirador, évitez les gestes inutiles. Gardez votre équipement à portée de main et observez avec les yeux avant de tourner la tête.
Lorsqu'un animal approche, profitez des moments où sa tête est dissimulée par un obstacle ou orientée ailleurs pour effectuer un mouvement nécessaire.
Un mouvement lent n'est pas automatiquement invisible. C'est le choix du moment qui fait souvent la différence.

5. ÉVITER LES SURMOUVEMENTS : LA PATIENCE EST UNE TECHNIQUE
Combien de chasseurs se font détecter parce qu'ils veulent absolument mieux voir?
Ils se penchent, changent de position, cherchent leurs jumelles ou tentent d'obtenir un angle parfait alors que l'animal est déjà attentif.
Chaque mouvement supplémentaire augmente les possibilités d'être repéré.
En mirador, préparez votre position à l'avance. Identifiez les secteurs visibles, les obstacles et les endroits où un animal pourrait s'arrêter.
En approche, observez longuement avant de progresser.
Souvent, la meilleure décision est de ne rien faire pendant quelques secondes.

6.BRISER SA SILHOUETTE : UTILISER LES ÉLÉMENTS NATURELS
Le camouflage ne consiste pas uniquement à porter les bonnes couleurs.
Une silhouette humaine parfaitement dessinée sur un fond clair demeure facile à distinguer.
Utilisez les troncs d'arbres, les branches, les conifères et les irrégularités du terrain pour masquer votre présence.
Dans un mirador, évitez de vous détacher sur le ciel. Un arrière-plan composé de végétation permet de mieux intégrer votre silhouette au paysage.
En déplacement, les éléments naturels peuvent également vous aider à observer sans exposer l'ensemble de votre corps.
Assurez-vous toutefois de conserver une visibilité suffisante pour identifier correctement l'animal et son environnement.

7. CACHER SA PRÉSENCE AVANT LE MOMENT DU TIR
Une erreur fréquente consiste à vouloir se préparer trop tard, lorsque l'animal est déjà à proximité.
La préparation doit être effectuée avant son arrivée.
En mirador, organisez votre espace, choisissez une posture confortable et repérez les ouvertures de visibilité.
En approche, évitez de vous exposer inutilement dans les espaces dégagés.
L'objectif est de rester discret pendant l'observation, tout en conservant la capacité d'identifier l'animal, de vérifier ce qui se trouve derrière lui et de prendre une décision responsable.
Ne sacrifiez jamais la sécurité ou la certitude de votre identification pour demeurer dissimulé.

8. LE SILENCE : APPRENDRE À ÉCOUTER LA FORÊT
La forêt n'est jamais complètement silencieuse.
Le vent fait bouger les feuilles, les branches frottent entre elles et les animaux produisent naturellement des sons.
Ce qui peut alerter le gibier, ce sont surtout les bruits soudains ou inhabituels.
Évitez les conversations, les équipements qui s'entrechoquent et les déplacements précipités.
En approche, prenez régulièrement le temps de vous immobiliser pour écouter et observer.
En mirador, réduisez les manipulations inutiles et préparez votre matériel avant la période d'activité prévue.
Un environnement calme vous permet aussi de mieux percevoir les déplacements du gibier.

CONCLUSION — LE MEILLEUR CHASSEUR N'EST PAS TOUJOURS CELUI QUI BOUGE LE PLUS!
Après plus de 40 ans à fréquenter les forêts et à observer le comportement du gibier, une chose demeure essentielle pour moi : la discrétion se prépare avant même d'apercevoir l'animal.
Vous pouvez posséder le meilleur équipement, le camouflage le plus performant et connaître parfaitement votre territoire. Mais si vous négligez le vent, multipliez les mouvements ou produisez des bruits inutiles, vous risquez de compromettre vos efforts.
Le succès repose sur une combinaison de préparation, d'observation, de patience et de respect du comportement naturel des animaux.
Le véritable art de la chasse, c'est de comprendre le gibier suffisamment bien pour observer son comportement sans perturber son environnement.
Et rappelez-vous : un animal qui ne vous a pas détecté vous offre quelque chose de précieux… du temps pour observer, identifier et prendre la bonne décision.
— Stéphane Monette
QUESTION POUR LA COMMUNAUTÉ 🦌
Selon vous, quelle est l'erreur qui fait détecter le plus de chasseurs : le vent, les odeurs, le bruit ou les mouvements?
Dites-nous ce que vous avez observé sur le terrain dans les commentaires!





Pour la question ,tous ses signes ne pas a négliger, mais pour moi le vent a été un obstacle dans la montagne mais avec ses conseils et technique un meilleur controle .Merci