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PRÉ-RUT DU CHEVREUIL : L’ERREUR D’OCTOBRE QUI PEUT VOUS COÛTER UN MÂLE TROPHÉE!

13 oct.
4 min de lecture


CHASSE AU CHEVREUIL | STRATÉGIE ET COMPORTEMENT ANIMAL | LECTURE : 3 MINUTES



Par Stéphane Monette — Analyse du comportement du chevreuil et stratégies de chasse au pré-rut.



Chaque automne, des milliers de chasseurs commettent une erreur qui peut compromettre leurs chances de récolter un mâle mature. Et le plus étonnant, c’est qu’ils la commettent souvent en croyant améliorer leur préparation!


À la mi-octobre, la tentation est grande de retourner vérifier ses caméras, découvrir les nouveaux grattages, déplacer un mirador ou dégager une dernière ligne de tir.


Pourtant, à quelques semaines du rut, la meilleure stratégie pourrait être de ne plus mettre les pieds dans vos meilleurs secteurs de chasse.



1. Le chevreuil mature apprend à éviter les chasseurs


Le chevreuil possède une remarquable capacité à adapter ses déplacements aux perturbations humaines.


Des recherches réalisées notamment à l’Université Auburn, en Alabama, ont démontré que les cerfs de Virginie peuvent modifier leur utilisation des secteurs fréquentés par les chasseurs.


Les mâles adultes peuvent réduire leur activité diurne dans les endroits où ils détectent une présence humaine répétée, particulièrement lorsque cette présence est associée à un risque.


Le phénomène est bien connu : un mâle peut continuer à fréquenter un territoire tout en déplaçant une partie importante de ses activités vers la nuit.


Le chevreuil n’a pas nécessairement quitté votre territoire. Il a simplement appris à l’utiliser lorsque vous n’y êtes pas!


Il faut toutefois distinguer ce constat scientifique des affirmations selon lesquelles une seule intrusion provoquerait systématiquement 72 heures d'activité nocturne. La réaction varie selon les individus, les habitats et la pression de chasse.



2. Pourquoi octobre devient une période critique


À mesure que les journées raccourcissent, les changements hormonaux préparent les mâles à la reproduction.


La testostérone augmente, les frottages se multiplient et les grattages deviennent des éléments importants de la communication entre les chevreuils.


Les mâles commencent progressivement à élargir leurs déplacements pour localiser les femelles.


Au Québec, cette transition s'intensifie généralement vers la fin octobre, alors que le rut principal se déroule surtout en novembre, avec des variations régionales et individuelles.


C'est précisément pendant cette période que le chasseur doit éviter de transformer ses meilleurs secteurs en zones de dérangement.


Un mâle mature peut parcourir davantage de terrain pendant le pré-rut, mais cela ne signifie pas qu'il devient moins méfiant.



3. La pression humaine : un facteur que les chasseurs sous-estiment


Imaginez un mâle de cinq ou six ans qui utilise régulièrement un corridor naturel entre une zone de repos et une source de nourriture.


Pendant plusieurs semaines, ses déplacements sont relativement prévisibles.


Puis, en quelques jours, un chasseur vient vérifier deux caméras, installer un mirador et dégager des branches.


Chaque visite peut laisser des indices : odeurs humaines, bruit, mouvements inhabituels et végétation perturbée.


Le mâle peut alors modifier ses heures de passage, emprunter un autre corridor ou contourner le secteur.


Et voilà pourquoi certains chasseurs photographient de magnifiques mâles pendant la nuit, mais ne les aperçoivent jamais pendant les heures légales de chasse.


Le problème n'est pas toujours le nombre de chevreuils présents.


C'est parfois la manière dont nous utilisons notre territoire qui réduit nos occasions de récolte.



4. Ma stratégie : laisser les secteurs tranquilles avant le pré-rut


Après ton ce temps à observer et à chasser le chevreuil, je considère que la gestion de nos déplacements est aussi importante que le choix d'un mirador.


Voici l'approche que je privilégie à cette période.


• Limiter les intrusions : ne plus entrer inutilement dans les zones de repos et les corridors stratégiques.


• Utiliser les caméras cellulaires : obtenir de l'information sans retourner constamment sur le terrain.


• Planifier les accès : choisir des parcours qui réduisent les risques d'être vu, entendu ou senti.


• Respecter le vent : une mauvaise direction du vent peut compromettre un secteur même lorsque le chasseur demeure silencieux.


• Préparer les installations à l'avance : éviter les travaux de dernière minute dans les secteurs sensibles.


• Conserver des secteurs refuges : permettre aux mâles de fréquenter certaines portions du territoire avec un minimum de dérangement.


L'objectif n'est pas de ne jamais pénétrer en forêt. C'est de faire en sorte que chaque déplacement soit justifié.



5. Quand faut-il recommencer à chasser intensivement?


Il n'existe pas une journée magique qui garantit la meilleure chasse partout au Québec.


Cependant, la fin octobre et le début novembre représentent une période stratégique pour surveiller l'augmentation des déplacements des mâles, particulièrement lorsque les premières femelles approchent de leur période de réceptivité.


L'approche idéale consiste à conserver certains emplacements peu perturbés et à les utiliser lorsque les conditions deviennent favorables : vent, température, activité observée et stade du rut.


Une diminution de la pression peut favoriser le retour de certains déplacements diurnes, mais aucun délai universel de trois à cinq jours ne peut être garanti.


CONCLUSION — LE MEILLEUR CHASSEUR N'EST PAS TOUJOURS CELUI QUI PASSE LE PLUS DE TEMPS EN FORÊT!


Il y a une chose que j'ai apprise au fil des décennies : un territoire bien aménagé peut perdre une partie de son potentiel si le chasseur y circule constamment.


Nous consacrons des mois à préparer nos sites, à étudier les déplacements et à observer les mâles sur nos caméras.


Pourquoi risquer de compromettre tout ce travail simplement pour obtenir une photo supplémentaire?


La préparation est essentielle. Mais savoir quand arrêter de déranger son territoire l'est tout autant.


Cette année, avant de retourner vérifier une caméra ou un grattage, posez-vous une question :


Est-ce que cette visite va réellement augmenter mes chances de récolter un mâle mature, ou simplement lui apprendre à m'éviter?


Parce qu'à la chasse au chevreuil, la patience ne consiste pas seulement à attendre dans un mirador.


Elle consiste aussi à savoir quand rester à l'extérieur de son territoire!


Stéphane Monette


QUESTION AUX CHASSEURS : À partir de quelle date cessez-vous de visiter vos meilleurs secteurs avant le rut? Et avez-vous déjà remarqué qu'un gros mâle changeait complètement ses habitudes après vos passages?



Partagez vos expériences dans les commentaires sur ONJASE.NET.







1 commentaire


rogerpaquin18
rogerpaquin18
il y a 5 jours

Personnellement j ai déja brulé des spots et avec tout ses conseils et truc , j ai changé ma méthode de chasse .Merci

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